Death Jr. à enterrer rapidement

08 avr. 2006
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Entre les phases de plate-forme mal gérées et un parti-pris pour le shoot totalement loupé, il ne reste pas grand chose de ce Death Jr.. Pourtant, le jeu commençait bien. La cinématique met dans l'ambiance et le tutorial augure le meilleur. Puis progressivement, le peu d'enthousiasme s'essouffle pour retomber tel un soufflet raté. Le rythme du jeu est à blâmer. Les architectures des niveaux se suivent et se ressemblent. C'est une succession de zones où à l'intérieur de chaque portion de niveau, il faut tuer un certain nombre d'ennemis pour passer à la suivante. Pire, il est impossible de sauvegarder à l'intérieur des niveaux. Vous reprenez donc la partie dans le musée qui fait office de Warp Zone. Malgré quelques bonnes idées, Death Jr. est un ratage dispensable même pour les fans de jeux de plate-forme.

Annoncé lors de la Game Developers Conference 2004 comme le premier jeu développé sur PSP, Death Jr. a attendu quelques mois avant de débarquer en Europe. Sur le papier, le jeu de Backbone s'annonce intéressant. Son gameplay mixe plate-forme et shoot dans un style différent d'un Ratchet & Clank. Pourtant, ce mélange peut s'avérer risqué si l'un des deux mécanismes n'est pas à la hauteur. Autopsie d'un jeu au potentiel gâché.

Les boss sont impressionnants et parfois difficiles.

En visite dans le musée d'histoire supernaturelle

Death Junior (DJ pour les intimes) habite dans une petite banlieue tranquille. Ce petit garçon est le fils de la Mort. Rien de bien effrayant puisque DJ est un enfant comme les autres. Il joue avec ses amis, va à l'école... Ce matin-là, DJ part avec sa classe au musée d'histoire surnaturelle. Il y retrouve ses amis : andora, une fillette rebelle ; Smith & Weston, deux frères siamois ; Stigmartha, la première de la classe ; Seep, un garçon qui vit dans un bocal et feu Guppy, un poisson rouge mort. Entraînés par Pandora, DJ et ses quatre autres camarades s'échappent de la visite pour parcourir le reste du musée. Ils s'arrêtent dans une salle où trône une mystérieuse boîte. Très curieuse, Pandora ouvre malencontreusement la boîte libérant Moloch et ses démons. Ces derniers volent les âmes des amis de DJ qui va devoir parcourir plusieurs dizaines de mondes pour les récupérer. Durant l'aventure, Smith & Weston reste en contact avec DJ pour lui fournir des armes et des munitions nécessaires pour terrasser les créatures de Moloch.

Cette salle d'arcade sera bientôt entièrement détruite.

Entre Tim Burton et la Famille Addams

L'ambiance du jeu s'inspire des classiques du fantastique ou plutôt des parodies de ces classiques. DJ, le protagoniste principal, est une représentation enfantine de la faucheuse telle qu'elle est symbolisée dans la culture européenne et dans les romans de Terry Pratchett. DJ est accompagné d'amis dont les particularité pastichent également l'univers fantastique. Les noms de Smith & Weston sont tirés du fabriquant d'armes et leur design fait penser au serviteur bossu du Docteur Frankenstein. Pandora semble toute droit tirée de la Famille Addams. Ce petit univers rappelle également l'Étrange Noël de Monsieur Jack de Tim Burton mais avec un esprit plus trash comme ces hamsters-kamikazes qui servent d'arme à DJ. Death Jr. est un patchwork d'influences diverses, inséré dans un univers réel et quotidien. Ces références sont parfois mal utilisées notamment en ce qui concerne les décors sans charisme et peu inspirés. Techniquement, Death Jr. déçoit. La modélisation anguleuse fait penser à une Dreamcast mal exploitée et la distance d'affiche rappelle le triste brouillard de la Nintendo 64. Death Jr. est bien loin des standards actuels en matière de visuel sur PSP.

Un exemple de la confusion qui règne dans le jeu.

Un banal jeu de plate-forme ?

Le gameplay de Death Jr. est influencé par deux styles distincts. Le premier reprend les mécanismes traditionnelles du jeu de plate-forme. L'habitué des Mario, Crash Bandicoot et autres Jak ne risque pas d'être dépaysé par le jeu de Backbone. En effet, rien dans Death Jr. permet de le distinguer avec les jeux de plate-forme existants. DJ saute comme Mario. Il peut également faire l'hélicoptère comme Rayman. Avec sa faux, DJ s'accroche aux objets à la Sly Raccoon. Certes il faut reconnaître qu'il est désormais difficile d'innover dans un genre aussi saturé que la plate-forme. Malgré les nombreux plagiats, Death Jr. n'arrive pas à convaincre. Le personnage se contrôle avec le stick et en dépit des efforts de Backbone, la précision des commandes n'est pas au rendez-vous. Il n'est pas rare de louper une plate-forme à cause de la sensibilité du stick. En outre, l'absence de stick droit rend difficile la gestion des caméras. Éternel dilemme des jeux de plate-forme 3D, la perspective est ici handicapante et le recadrage automatique avec L2 ne résout pas ce problème. Ceux qui attendaient Death Jr. pour son aspect plate-forme, seront déçus.

Une fois que DJ est encerclé, il est difficile de s'en sortir indemne.

Death May Cry

Les phases de plate-forme ne représentent qu'une petite partie du jeu. En effet, Death Jr. met l'accent sur de nombreuses phases de shoot à la troisième personne. Ces phases de tir semblent être devenues à la mode depuis Ratchet & Clank et plus récemment Shadow the Hedgehog. Le gameplay est simple : DJ verrouille ses ennemis avec R et tire avec rond. Il peut esquiver avec triangle et sortir sa faux pour le combat rapproché avec carré. Ici, le but est de faire des combos dévastateurs en tuant les démons mais aussi en détruisant les éléments du décor. Une jauge de combo augmente au fur et à mesure et permet d'activer un coup spécial tuant instantanément tous les ennemis se trouvant dans la vision de DJ. Death Jr. propose une dizaine d'armes allant du pistolet en double au lance-roquettes en passant par le fusil à pompe, la gatling et les hamsters-C4. Malgré cela, la maniabilité ne parvient pas à convaincre. De gros problèmes de caméra entachent les shoots. Lorsque DJ se fait encercler, il est impossible d'avoir une visée à 360 degré, la faute à un système de verrouillage catastrophique.
Les Plus
  • L'ambiance glauque et trash
  • Sympathique au début
  • Les hamsters-C4
Les Moins
  • Trop de shoot à la troisième personne
  • Gestion des caméras
  • Visuel pauvre en détails
  • Lassant au bout de quelques heures