Traffic 2005, l'élixir de jeunesse de FS 2004 ?

20 mars 2006
Testé par UnexpectedGuest sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Just Flight
  • Sortie initiale 2005
  • Genre Simulation

Si d'autres avaient essayé de combler les faiblesses de Flight Simulator 2004 en termes de densité et de réalisme du traffic environnant (on citera par exemple le téméraire mais complexe Project AI), il apparait très vite que tout possesseur de ce simulateur qui essaye Traffic 2005 ne jouera plus jamais sans. En fait, Traffic 2005 fait simplement de Flight Simulator 2004 ce qu'il aurait dû être à sa sortie, un simulateur réaliste et doté d'un environnement lui aussi similaire à la réalité. Ceux qui n'ont jamais accroché aux simulateurs de vol civils peuvent passer leur chemin, ils ne changeront pas d'avis sur ce type de jeu, add-on ou pas. Par contre pour ceux qui aiment ce genre et qui attendent Flight Simulator X, ne cherchez plus, la solution est là, elle s'appelle Traffic 2005 et vous propose ni plus ni moins que de vous redonner envie de jouer à Flight Simulator 2004. Pour quelques euros, que demander de plus ? Une hôtesse ? Désolé, pour ce genre de sensations il va falloir vous tourner vers d'autres types de simulation...

Qui n'a pas un jour rêvé d'être commandant de bord, avec les ray-bans, l'uniforme blanc albatros et... les hôtesses sublimes ? Comme brancher un joystick est beaucoup plus facile que réussir le concours d'entrée de l'Aviation Civile, Microsoft édite depuis 1982 la série Flight Simulator. Bien que sans comparaison avec son vénérable ancêtre, rien de vaut un add-on pour relancer l'intérêt d'un jeu plus tout récent. C'est le défi que propose Traffic 2005. Voyons s'il suffit à faire rejaillir le feu d'un ancien volcan qu'on croyait trop vieux.

Orly avant, le désert.

Les secrets de jouvence de l'abbé FS

Si on a coutume de dire que 25 ans c'est l'âge d'or pour une femme, on pourrait rajouter que 25 ans c'est aussi l'âge de raison pour Flight Simulator 2004. La maturité du simulateur de vol civil de Microsoft lui permet de nous proposer aujourd'hui un produit qui convient à la fois au pilote civil par son réalisme et au gamer par son accessibilité exemplaire. Et là où Bill a fait très fort, c'est que Flight Simulator 2004 est comme ces ancêtres très ouvert aux modifications, ce qui permet à tous ses possesseurs de prolonger l'intérêt porté à leur jeu fétiche en le modifiant à leur guise, rajoutant un avion par ici, un aéroport par là. Et si de nombreux amateurs se sont lancés dans l'aventure qui consiste concevoir des add-on pour son simulateur préféré, de nombreux modules commerciaux sont aussi disponibles à la vente. Ces modules se sont naturellement concentrés sur les déficiences constatées sur la version de base de Flight Simulator 2004, en abordant des thèmes comme la gestion de carrière des pilotes de ligne (avec Airliner Pilot) ou la redéfinition d'un terrain digne de nom (via FS Terrain). Et s'il est un domaine où Flight Simulator 2004 fait le strict minimum syndical, c'est bien dans la reprodution du traffic aérien externe. Envie d'aéroports annimés ? Envie d'un traffic dense ? Traffic 2005 s'est donné pour mission de vous procurer ce qu'il manque quand on joue à Flight Simulator 2004, c'est à dire l'impression d'évoluer dans un monde réel et non dans une simulation dont les efforts ont été visiblement concentrés uniquement sur le réalisme de votre appareil.

Orly avec Traffic 2005, un air de la place de l'Etoile.

Un add-on parmi les autres ?

Traffic 2005 est donc un add-on, à savoir qu'il s'installe par-dessus votre version de Flight Simulator 2004, et le gaillard a de l'ambition. Il nous promet en effet de remplir autour de nous le ciel de manière réaliste, en intensifiant la densité du traffic, en agrandissant les aéroports pour les rendre semblables à vos souvenirs d'Orly le matin à 6h00, en embarquant pour Francfort avec tous les pdg en costume-cravate. C'est tout ? Non, Traffic 2005 ammène avec lui la quasi-totalité des compagnies aériennes du moment, car Flight Simulator 2004 n'est de base fourni qu'avec une poignée de compagnies factices (oui, comme toutes ces simulations de foot qui font l'économie d'une licence qui leur permettrait d'appeler Thierry Henry par son nom). Et pour finir, Traffic 2005 remédie à l'américanisme ultra-primaire de Microsoft qui lui a fait tout simplement ignorer dans son univers tout ce qui n'est pas estampillé Boeing ou McDonnell Douglas. Voilà donc par exemple toute la gamme Airbus qui atterri sur votre PC, avant de peupler votre ciel virtuel. Ambitieux ? Traffic 2005 l'est certainement. Mais est-ce que l'alchimie marche ? Car la question se pose en ces termes, Traffic 2005 suffira-t-il à nous faire re-jouer à Flight Simulator 2004 ? Penchons donc nous par le hublot et voyons donc ça de plus près.

Avant, des compagnies factices.

À l'arrêt, premières claques

Commençons par le début, le décollage. Là, pas besoin de se demander si Traffic 2005 a bien été installé ou non, pour peu qu'on décolle d'un gros aéroport, c'est la claque ! Fini les tarmacs grands comme deux terrains de tennis, bienvenue sur les hectares des plate-formes aéroportuaires modernes. On a enfin l'impression d'être à Orly, et non plus sur un parking de supérette maquillé. Et là, deuxième claque, non seulement c'est grand, mais c'est peuplé comme un hall de Fnac un jour de dédicasse d'Herbert Léonard. Non, carrément plus en fait. Tout autour de nous les satellites sont occupés par des dizaines d'avions de ligne. Ah, on retrouve enfin l'impression de vie et de fourmillement que procure un véritable aéroport aux heures de pointe. De plus, tous ces avions dont bon nombre font déjà la queue pour décoller sont aux couleurs des compagnies réelles, ce qui ne gâche rien. Comme Traffic 2005 nous fournit gracieusement une bonne partie des plans de vols réguliers de toutes les grosses compagnies aériennes, on observe une répartion réaliste de ces dernières en fonction des zones géographiques. En décodé, à Orly et Charles de Gaulle, ça fourmille d'Air France, alors qu'on aura peu de chance de croiser un avion d'Aeroflot à Dallas Fort Worth. Et tout ça décolle et atterrit réalistement en fonction des horaires, avec les fameuses pointes de traffic du matin et du soir. Très bon point pour l'immersion.

Avec Traffic 2005, toutes les livrées sont réalistes, l'immersion y gagne.

Plus haut avec Traffic 2005

Une fois passées les premières vagues de plaisir visuel, il est grand temps de bouger, car tous nos cravatés ont payé pour aller à Hambourg (quelle idée !). Et bien le plaisir se prolonge puisque qu'au travers de nouvelles voix digitalisées (ça nous change des trois sempiternelles voix de Flight Simulator 2004), on nous informe que... c'est le bordel ce matin à Orly. Oui, c'est excessivement réaliste. La file d'attente est en effet longue et il n'est pas rare d'avoir à patienter une dizaine de minutes avant de pouvoir faire notre point fixe. Puisque notre copilote et toujours aussi muet, on passe ces quelques minutes à observer le balai des avions en approche et on retrouve la fameuse enfilade de phares d'atterissage que les riverains des gros aéroports connaissent bien aux heures de pointe. La grosse intensification du traffic ammenée par Traffic 2005 a donc pour effet immédiat de reproduire le réel, à savoir le gros bordel d'Orly le matin et le soir, que ce soit sur le sol ou dans les airs. Et une fois en vol, les décollages et atterrissages qu'on trouvait routiniers avec Flight Simulator 2004 deviennent stressants, entouré qu'on est par tous ces compagnons qui bien que virtuels n'en sont pas moins humains par leur aptitude à rater leurs approches. Une remise des gaz alors qu'on se présente tous trains dehors et volets sortis, à cause d'un couillon de pilote du dimanche qui rate son approche devant nous, rien de tel pour nous refiler un bon coup de stress et pour nous rappeller qu'on ne gagne pas très bien notre vie pour rien, nous les pilotes de ligne.

Une des nouvelles vues proposées par Traffic 2005 : la tour de contrôle.

De nouveaux points de vue

Si le vol de croisière en lui même est peu affecté par Traffic 2005 (à part le fait qu'on entend enfin l'ATC parler à de vraies compagnies), cet add-on nous offre quelques perspectives si ce n'est révolutionnaires, tout du moins nouvelles du point de vue de Flight Simulator 2004. Si vous êtes sujet au mal de mer, Traffic 2005 vous offre la possibilité de parcourir les pistes et parkings des aéroports à l'aide d'une voiture. Au détour de vos balades, vous pourrez ainsi croiser le Concorde et (que les puristes nous pardonnent cet anachronisme) l'Airbus A380, modèles non pilotables gracieusement offerts par cet add-on. Si rouler sous les géants de métal vous soule assez vite, vous pourrez toujours passer à la vue "tour de contrôle", laquelle offre (outre un point de vue panoramique complet) un pupitre semblable à ceux dont disposent les contrôleurs qui y travaillent. C'est complètement passif (vous ne pouvez pas contrôler vous même le traffic au sol et en approche), mais ça donne une vision globale des mouvements d'avions autour de l'aéroport, et ça permet au final de visualiser la densité de traffic qu'apporte Traffic 2005.
Les Plus
  • Donne une seconde jeunesse à votre Flight Simulator 2004.
  • Enfin des Airbus !
  • Enfin des vraies compagnies !
  • Le suivi "vivant" du produit par l'éditeur.
Les Moins
  • Exigeant pour les petites configurations sur les gros aéroports.
  • Tant de nouveaux avions et pas un seul pilotable.