Le Video Games Live

05 janv. 2009
Rédigé par Motormike

Quand la musique est bonne

Le jeudi 18 décembre 2008 est à marquer d’une pierre blanche pour les 3000 spectateurs qui étaient présents au Palais des Congrès de la capitale. Le Video Games Live (ou VGL) effectuait son premier passage dans l’Hexagone et nul doute qu’il aura marqué les esprits. Ce projet fou créé par les compositeurs Tommy Tallarico (Earthworm Jim, Metroid Prime...) et Jack Wall (Mass Effect, Jade Empire...) tire définitivement la musique de jeux vidéo vers le haut. Retour sur un concert pas comme les autres.

Un concert de geek sans cosplay, c'est comme Mario sans Peach : c'est impossible.

Une musique presque live...

Aussi magique que ce concert ait pu être, il soulève la problématique de l’utilisation des samples (ou échantillons) dans un contexte orchestral. Pourquoi en effet avoir opté pour cette formule alors que les soixante musiciens du Star Pop Orchestra se suffisaient à eux-mêmes en quelque sorte ? Il résulte parfois de cette approche musicale une certaine froideur, surtout lors des passages calmes où le son des samples prend le dessus sur celui de l’orchestre. Bref, autant l’emploi de ceux-ci est souvent judicieux et bien amené dans des genres comme le hip-hop ou la jungle, autant ça peut prêter à rire quand un véritable orchestre symphonique est de la partie. Ce genre de détail peut amener le spectateur à se désintéresser de la performance musicale en elle-même. Tout comme la présence de l’écran qui domine la scène. Evidemment, l’écran diffuse des séquences de jeux vidéo adéquates en fonction du titre dont il est question. De plus, les montages sont vraiment bien pensés pour coller à l’esprit des thèmes repris. Mais, beaucoup de gens ont dû scotcher l’écran plutôt que de regarder les musiciens et d’apprécier leurs jeux. Le Video Games Live : un concert où le visuel prime sur l’écoute ? La question mérite d’être posée.

Guitar Hero Aerosmith sur scène : ou comment mélanger avec brio musiques réelle & virtuelle.

Interaction entre passionnés

Malgré les quelques défauts évoqués plus haut (défauts pour certains, qualités pour d’autres), le Video Games Live demeure une franche réussite. Tommy Tallarico sait chauffer une salle et ça se sent. Le nombre d’interactions qu’il instaure au fur et à mesure du spectacle vous permet de véritablement participer au concert. Difficile de ne pas sourire et vibrer pour Yohann, vainqueur du concours Guitar Hero qui précédait l’événement. Le bonhomme s’est retrouvé à jouer sur scène le morceau "Sweet Emotions" de Guitar Hero : Aerosmith avec sa guitare en plastique. De quoi prendre son pied, surtout qu’il était accompagné de Tommy Tallarico équipé lui de sa vraie guitare, ainsi que de l’orchestre pour l’appuyer dans sa tâche vidéoludique (il devait accomplir 200 000 points sur le morceau - en expert, à sa demande). Un moment culte, où le public n’hésitait pas à applaudir à tue-tête à chaque fois que le Star Power était enclenché. Dommage qu’il n’ait pas pu finir le morceau ; le stress n’a pas dû aider, tout comme le léger décalage entre l’image et le son. Autre petit échange entre Tommy Tallarico et le public : le moment où il a fait sortir aux 3000 spectateurs leurs PSP, DS, Iphones et autres téléphones portables. Un pur instant geek où les appareils numériques et les consoles remplaçaient le traditionnel lever de briquets pour les balades lors d’un concert lambda, et pendant lequel toute la salle a chanté l’air de Super Mario Bros a capella. Mythique.

Michel Ancel s'apprête à redoubler à la bouche le trailer du très attendu Beyond Good & Evil 2.

Des invités de luxe

Certaines personnalités du monde vidéo ludique ont répondu présentes à l’appel de Tommy Tallarico. C’est ainsi que Michel Ancel s’est retrouvé sur les planches à doubler à la bouche le trailer de Beyong Good & Evil 2. Aidé d’un percussionniste et du compositeur Christophe Héral pour l’occasion, le créateur de Rayman s’est livré à un exercice original et divertissant. Rires garantis lorsque le cochon renifle la mouche, évidemment. Mais celui qui aura retenu toute la faveur du public est peut-être bien le prodigieux pianiste Martin Leung, qui ne joue plus dans sa chambre mais devant des milliers de personnes désormais grâce à Internet et YouTube notamment. Au programme : les thèmes de Tetris, Super Mario Bros (les yeux bandés, comme dans ses fameuses vidéos), Super Mario World, un medley touchant de Final Fantasy et, en première mondiale, une reprise du thème de Monkey Island. Standing ovation pour chacune de ses interprétations. Des interprétations tout bonnement hallucinantes de justesse et de beauté. Nul doute que la nostalgie des joueurs a été remuée comme il se doit.

Sonic en chair & en os... en 3D. Une trahison en somme.

Une playlist éclectique

Les internautes pouvaient voter au préalable sur le site du Video Games Live pour espérer voir jouer sur scène tel ou tel morceau. Ou comment faire du fan service au maximum. Du coup, plusieurs grands classiques furent interprétés tels que du Zelda, du Metroid, du WarCraft III ou bien encore du Metal Gear Solid. Bien sûr, chacun ira de son grain de sel quant aux abonnés absents : Shadow of the Colossus, ICO, Street Fighter… Autant de monuments du jeu vidéo qui n’ont hélas pas été interprétés en ce jeudi 18 décembre 2008. Regrettable diront certains, surtout quand des thèmes moins connus (et moins péchus) comme celui de Sid Meier’s Civilization furent joués. Evidemment, satisfaire les vœux musicaux de tout le monde relève de la folie, même avec un spectacle durant 2 heures 30, rappel compris. Dans tous les cas, le Video Games Live reste un événement inoubliable que vous pourriez retrouver dès l’an prochain dans la capitale française. L’occasion sûrement d’y retrouver de grands morceaux non joués lors de cette première édition dans l’Hexagone. A surveiller de près donc. Au pixel près même...