Le Parrain ou le gangster à l'ancienne

19 janv. 2006
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  • Éditeur Electronic Arts
  • Développeur EA Redwood Shores
  • Sortie initiale 23 mars 2006
  • Genres Action, Aventure

Electronic Arts se la joue décidément cinéphile. Après James Bond, c’est au tour du cultissime Parrain d’être adapté en jeu vidéo. Profitant du succès de la série des GTA et de ses ersatz, la firme américaine a souhaité remonter à l’origine du phénomène. Car qui mieux que Michael Corléone peut nous initier à la vie tumulteuse des gangsters ?

Pas facile de s'attaquer à une légende

Adapter l'oeuvre de Coppola était un pari risqué. D’un côté, le risque de décevoir les fans, et de l’autre, celui de créer un jeu bien trop exclusif. Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, c’est le studio interne à Electronic Arts, Redwood, qui a relevé le défi. Après presque deux ans de travail, une version à peu près stable a été mise au point et présentée à la presse dans la foulée. Passons le manque de finition et les quelques bugs habituels inhérents à toute preview, et voyons si le pari est parti pour être remporté.

Phil Campbell, creative director du jeu

Rejoignez le Clan

L’écran plat diffuse déjà des images in-game de la version Xbox lorsque que le creative director, Phil Campbell commence la présentation. Le niveau graphique est correct, sans être très au dessus de la concurrence actuelle. Pas de claque visuelle donc, mais un univers esthétique qui semble au final assez efficace. Nous sommes tout de même agréablement surpris par le travail de modelisation effectué, qui contribue à recréer assez bien l’ambiance du film. Il est cependant prématuré de juger de la qualité des détails, la version présentée n’étant que peu aboutie de ce côté. En tout cas, le tout semble assez fluide et après quelques minutes d’action, nous retournerons rapidement au menu principal, pour y étudier ce que proposera le titre en terme de modes de jeu.

Dessinez un gangster à votre image

Self-made man

Aucune information n’a encore filtrée concernant le mode multi. Puisque le titre sortira aussi un peu plus tard sur X360, une console résolument tournée vers le online, il serait étrange que Le Parrain ne dispose que d’un mode solo. C’est en tout cas celui-ci qui est lancé, et on commence logiquement par une phase de "préparation au jeu". Choix du nom - normal -, de la difficulté - idem -, les choses prennent de l’intérêt au moment de la personnalisation du personnage. Au-delà du simple choix des vêtements, on nous propose de personnaliser les caractéristiques physiques : traits du visage, couleur des cheveux, des yeux, pilosité... tout est laissé aux goûts du joueur. Par défaut, Michael Corleone - c’est vous -, est assez fidèle à Al Pacino jeune ; et juste assez différent pour que le joueur puisse se l’approprier facilement.

Il va payer, on le lit dans ses yeux...

Un bon coup de pouce

Une fois cette étape terminée et après une cinématique assez convaincante, on entre enfin dans l’action, en commençant par un petit tutorial dont le but sera de se familiariser avec le gameplay et, en particulier, avec un des moments les plus délicats de la vie d’un gangster : l’affrontement au corps à corps. Alors que vous êtes en train de vous faire corriger dans une ruelle, le bras droit de votre père, Vito Corleone, le parrain de l’une des familles les plus puissantes de New York, intervient. Il vous laisse récupérer quelques secondes puis vous met à l’épreuve. Vous aller devoir mettre K.O. les deux agresseurs l’un après l’autre. Le système des bagarres est plutôt sympathique : vous attrapez vos opposants et utilisez les sticks pour ramener le point en arrière et l’abattre sur votre adversaire. Les familiers des jeux de boxe sur Xbox devraient vite retrouver leurs marques. Vous pourrez également vous contenter de traîner votre opposant et de le heurter violemment contre les murs, tables, poubelles, ou n’importe quel autre objet au contact peu agréable. Espérons que ce gameplay sera conservé sur les versions PS2 et X360, le doute subsistant encore sur le choix qui sera fait pour la version PC.

Quel dragueur ce Vito !

Dur, dur d'être un gangster

Le tutorial est passé assez rapidement, et pendant que Phil Campbell nous montre les possibilités d’interaction avec les PNJs, il revient sur les caractéristiques du titre et sur tout ce qui sera possible de faire dans le merveilleux monde de Vito Corléone. L’action se déroule donc dans New York au lendemain de la seconde guerre mondiale. Ceux qui connaissent le film seront sans doute surpris de voir que le scénario du jeu va bien au-delà de celui-ci, s’inscrivant au final plus comme une adaptation des livres. Vous êtes censés incarner le plus jeune fils d’un parrain de New York, plutôt récalcitrant à reprendre les affaires de son père. En fait, votre personnage est un mix de plusieurs si on se base exclusivement sur le film. Ceci a l’avantage de rendre l’action beaucoup plus intense, puisque vous participez à la plupart des évènements de l’oeuvre de Coppola. Bien entendu, le scénario original ne sert que de trame de fond au jeu, et l’intérêt résidera aussi et surtout dans ce qui a été prévu pour alimenter la vie quotidienne du gangster. Avec 150 trafics en tout genre et une centaine de rackets différents disponibles tout autour du monde, le clan Corléone est loin de passer aux 35 heures.

Coopère, ou il y aura un bain de sang

Le respect, ça s'apprend

"Tout autour du monde", car le sol américain ne sera pas votre seul terrain de jeu. Cependant, l’intérêt d’envoyer le joueur aux quatre coins des Etats-Unis et de l’Europe n’est pas flagrant. En effet, cela implique que les développeurs ont du disperser leurs efforts sur plusieurs villes, d’autant que l’on nous a confié que la plupart des éléments de jeu (notamment la police et les autres PNJs auxquels vous devrez faire face) ne diffèrent quasiment pas d’un endroit à l’autre. Ce que vous faites dans un pays aura toutefois des répercussions sur votre réputation et l’attitude des autres vis à vis de vous, et ce partout dans le monde. C’est d’ailleurs ce dernier point qui a le plus retenu notre attention : les relations entre les différents personnages du jeu (vous y compris) semblent avoir été particulièrement affinées par rapport à ce que l’on connaît. Votre attitude peut provoquer des réactions assez variées, mais très cohérentes. Si vous décrochez une affaire de racket, par exemple, les gens auront peut-être un peu plus peur de vous, d’autant plus s’ils vous ont vu en action. Mais surtout, les membres de votre gang vous respecteront d’avantage. Vous pourrez ainsi leur donner de plus en plus d’ordres. Fini le temps où, malgré votre CV de truand, les petites frappes n’hésitaient pas à vous agresser dans la rue. Ici, la cohérence devrait être la règle d’or.

Avec une Smart, il serait déjà mort...

En voiture Simone

Pour conclure, nous n’avons pas manqué l’occasion de prendre en main le jeu en pleine course poursuite avec, au bout, une bonne vieille fusillade. La conduite s’est révélée assez intuitive, les énormes Cadillac se meuvent avec une étonnante légèreté. La scène de shoot n’a pas non plus révélé de problème majeur, seulement la nécessité pour le joueur de faire preuve d’esprit tactique s’il ne veut pas se retrouver avec une chemise en plomb. Après quelques minutes, nous avons même été en mesure de surprendre un de nos ennemis, le dernier en vie, de le désarmer, et de le mettre à table après une petite séance de câlins avec le capot de la voiture... De jolies sensations donc, qui supposent un bel essai qu'on aimerait voir transformé en mars prochain.