Test | Bomb Rush Cyberfunk
24 janv. 2024

Un concept graffé dans le marbre

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Bomb Rush Cyberfunk

Si les images de Bomb Rush Cyberfunk réveillent derrière votre cerveau un petit picotement, c'est tout à fait normal. Le titre est un hommage fortement appuyé à l'un des jeux cultes de la DreamCast de Sega : Jet Set Radio, sorti en 2000. Dans un rétro-futur alternatif pop, coloré et ultra-violent, la ville de Tokyo est aux mains de gangs rivaux qui s'affrontent à coups de graffitis et de danse synchronisée. Taguez avec style, construisez votre réputation, enchaînez les grinds sur le mobilier urbain et vous gravirez les échelons plus vite qu'un Vito Corleone en skate.

L'histoire

Coffré pour quelques graffs. Vous commencez mal. Mais un inconnu s'évade de prison et en profite pour vous embarquer avec lui. Rollers aux pieds, vous parvenez à repousser les forces de l'ordre à coups de patins et de bombe de peinture. Le mur d'enceinte franchi, vous sautez dans le vide quand soudain... Blam ! détonation. Votre tête ? Tranchée. Quelques temps plus tard, vous vous réveillez au QG de votre compagnon d'infortune : il vous a fait greffer une tête de robot sur le corps. Vous êtes un homme nouveau, sans souvenir, mais votre corps se rappelle de tous vos tricks. Pas de doute, vous deviez peser dans le game avant de perdre la tête. Dans votre nouveau crew, vous voyez les choses en grand : récupérer votre tête, mais pour cela il faudra monter en street cred pour parler aux bonnes personnes. Afin d'y parvenir, pas le choix : vous devrez vous emparer des quartiers tenus par les autres crews en les affrontant sur leur terrain. Vos armes : votre style, qui s'exprime en graffs et en tricks.

Peu crédible mais c'est pas graff

L'héritage

La recette magique de Jet Set Radio est la même pour Bomb Rush Cyberfunk : prenez de la culture hip-hop avec ses mouvements de danse travaillés ; ajoutez le skate, le BMX et les rollers pour glisser sur n'importe quelle rambarde, lampadaire, rampe ; saupoudrez de visuels rétro-futuristes années 2000, bien flashy, avec des téléphones mobiles à clapets ; versez le tout dans un Néo-Tokyo ultra-consumériste protégé par une police ultra-violente n'hésitant pas à vous envoyer ses tanks pour quelques graffitis... Et paf, voilà des Chocapic particulièrement goûtus.

Le titre s'inscrit dans un univers propre au début des années 2000. Rappelez-vous : la France découvre le Japon sans pitié de Battle Royale, vous vous éclatez avec PaRappa The Rapper, vous perdez des dents dans Tony Hawk's Skateboarding et vous vous battez contre le chrono de Crazy Taxi. Sur DreamCast, justement, Jet Set Radio introduit un style visuel qui fera date : le cel-shading. Cette technique résout le souci d'une 3D certes présente mais limitée, pour donner une tonalité cartoon totalement nouvelle. Bomb Rush Cyberfunk reprend tous ces éléments, vous replongeant sans vergogne dans la première année du millénaire entre Pink, Eiffel 65 et les Destiny's Child. Désolé pour Say My Name calé maintenant dans votre cerveau.
Tony Hawk The Rapper : The Park Knight

Le principe

Selfiiiie !

Dans la plus belle lignée des titres qui ont fait la gloire de Sega dans les années 2000, Bomb Rush Cyberfunk vous embarque dans un univers nerveux, urbain, où la crédibilité du gameplay passe largement après le fun. Sur votre skate, BMX ou vos rollers, d'un bond vous glissez sur n'importe quel rail à portée de grind, qu'il soit horizontal, vertical ou même à l'envers. Oui car vos accessoires de glisse sont comme aimantés aux rampes et vous avez en guise de sac à dos une sorte de booster, vous permettant de remonter aisément des pentes, grimper des lampadaires, effectuer d'innombrables tours de quartier sans presque jamais poser un pied au sol. Si le but n'est pas de faire les plus belles figures, à la manière d'un Tony Hawk, vous devez par contre enchaîner les combos : en accompagnant le sens du tournant du rail, le multiplicateur fait des miracles. Et surtout : graffer votre présence un peu partout, histoire de montrer qui est dans la place.

La recherche de score n'est qu'une partie des défis proposés : dans chaque zone, un crew occupe le terrain et vous lance des défis déclenchés au fur et à mesure que vous marquez votre futur territoire. Effectuez un combo particulier dans une zone définie ; réalisez une action avec une limite de temps... ces victoires successives vous amenant à une confrontation de clan. Avec vos acolytes, éclatez le score de vos adversaires en appliquant tout ce que les défis individuels vous ont appris, et le terrain sera à vous.
Eternal Shred of the Spotless Ramp

Pour qui ?

Ça enchaîne les rails sans broncher.

Il y a un certain côté nostalgique dans Bomb Rush Cyberfunk, vous l'aurez compris. Jusque dans l'interface du jeu, bien ancrée dans son époque. Forcément, cela teinte le jeu d'une aura légèrement surannée, également dans la vision du futur qui pouvait être fabulée dans les années 2000. Il n'empêche que le jeu propose un environnement fun, diversifié, rythmé au gré des battles de gangs, le tout dans une exagération absolue de tout. Une exagération des styles, des caractéristiques urbaines, de la violence policière – qui n'hésite pas à sortir un mecha-robot pour faire taire vos bombes de peinture... C'est avec cette recette qui mélange allègrement tous ces ingrédients que vous obtenez un titre surprenant, pop, clairement en décalage avec les propositions vidéoludiques contemporaines. Et c'est sûrement ça qui fait une grande partie de son attrait.

Catch Me If You Grind

L'anecdote

Avec son univers coloré, Bomb Rush Cyberfunk a rapidement attiré le regard de Junior, presque 6 ans, par-dessus mon épaule. Après avoir scruté les mouvements dynamiques des différents personnages, c'est surtout les tags qui ont retenu son attention. Il n'a pas fallu longtemps pour qu'il me demande d'emprunter la Switch, se crée sa partie et se lance sur les rails. Verdict : il adore. Même si les défis des différents groupes lui donnent du fil à retordre, un petit coup de pouce de ma part et le voilà relancé. Les zones à graffer, éclairées d'un maillage jaune fluo, n'échappent pas à ses yeux de lynx. Il nettoie donc méticuleusement une zone en graffant presque tous les emplacements dispos. Résultat : me voilà contraint de lui imprimer plein de tags en noir et blanc à colorier, tandis qu'il accroche ses œuvres au mur de sa chambre. Tant que la police ne vient pas le chercher...
Allez, encore une partie et ollie
Les Plus
  • L'ambiance rétro-cyberpunk au top
  • Les graffs à poser le plus possible
  • L'agilité dans les mouvements
  • Les persos qui dansent tout le temps, c'est l'éclate
Les Moins
  • La ressemblance avec JSR est déconcertante
  • Quelques objectifs manquent de clarté
  • Certains niveaux plus réussis que d'autres
Résultat

Dépaysement garanti avec Bomb Rush Cyberfunk, ou bonne grosse dose de nostalgie si vous avez connu le hit Jet Set Radio dont finalement il ne s'écarte que très peu. Vous glissez comme jamais, vous taguez des graffitis plutôt cools issus de la communauté derrière le studio, et même si parfois la mécanique peut sembler se répéter, vous trouvez toujours un petit défi pour progresser. Alors chaussez vos rollers, vérifiez vos bombes, ces panneaux publicitaires attendent vos plus beaux graffs.

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