Test | Unravel
24 févr. 2016

Leçons poétiques de détricotage

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Unravel

Il n'y a peut-être pas que les chats qui aiment jouer avec une pelote de laine. C'est sans doute ce que s'est dit Coldwood. Cette équipe suédoise habituée aux simulations de combat et de ski s'est donc lancée dans le tricot, ou plutôt le détricotage, avec le jeu Unravel. Vous ne comprenez rien ? Lisez ce qui suit !

L'histoire

Vous êtes Yarny, une pelote rouge sortie tout droit de la réserve de laines d'une vieille dame. Votre objectif consiste à reconstituer les souvenirs de votre propriétaire dont la mémoire s'effiloche. Si les premiers morceaux que vous allez récolter sont des moments heureux (vacances en famille, amitiés d'enfance), la suite devient plus nuancée avec des séquences parfois sombres, douloureuses même.

Sublimée par des visuels particulièrement travaillés, et une bande sonore magistrale, l'ambiance d'Unravel se révèle très vite unique. Pelote de laine ou pas, nous sommes loin de l'univers douillet et cotonneux de Kirby. De par les paysages traversés mais aussi les thèmes abordés, l'empreinte scandinave du jeu est d'ailleurs évidente. Elle apporte une poésie très particulière à l'aventure, ce qui ne fait franchement pas de mal au milieu des ambiances plutôt calibrées pour l'international auxquelles nous avons droit habituellement.
La mémoire dans la peau

Le principe

Chaque souvenir récolté est ensuite intégré à ce livre mémoire.

Pour remplir la mission qui lui est confiée, Yarny n'est évidemment pas une pelote de laine ordinaire : des jambes pour avancer (voire sauter) mais aussi des bras pour s'accrocher, se hisser, faire des nœuds, lancer son fil pour se suspendre, se balancer... Bref, toutes ces choses qu'une pelote de laine lambda rêverait de pouvoir faire plutôt que de végéter dans un panier en osier. Cela dit, Yarny va affronter des dangers bien plus grands que celui de finir en pull de Noël motif "rennes". En effet, notre frêle héros va devoir lutter contre de nombreux éléments tels que la neige, le vent, l'eau, l'électricité mais également tous ces petits animaux qui adorent jouer avec du fil comme les corbeaux, les rongeurs, les poissons, les blattes...

Unravel utilise les mécanismes du jeu de plates-formes en scrolling horizontal et vertical. Plus il avance, plus Yarny perd de sa laine. À vous de choisir le bon parcours pour rejoindre chaque point de sauvegarde permettant à la pelote de se reconstituer. En pratique, ça n'est pas très compliqué, la difficulté générale étant suffisamment moyenne pour ne pas contrarier les moins opiniâtres. Attendez-vous cependant à recommencer plusieurs fois certains passages plus coriaces histoire de pimenter comme il se doit le challenge. De temps en temps, vous êtes confronté à quelques courses de vitesse qui viennent dynamiser la progression, ainsi que des énigmes faisant intervenir divers mécanismes plutôt bien construites.
Une vie qui ne tient qu'à un fil

Pour qui ?

Au fil de l'aventure, les environnements s'assombrissent.

Il faut d'abord être un peu curieux pour apprécier Unravel à sa juste valeur. Si le gameplay reste tout à fait accessible, l'ambiance révèle sa profondeur sur la durée. Ne vous fiez pas à l'atmosphère bucolique des débuts. Ce n'est qu'après les cinq premiers niveaux que l'aventure révèle tout son relief et que le personnage de Yarny gagne en charisme. Unravel peut ainsi s'adresser aux joueurs qui étaient passés à côté de Kirby au Fil de L'Aventure et Yoshi's Woolly World, à cause d'un propos trop enfantin.
Pas que les tricoteuses

L'anecdote

Le générique de fin contient un message pour vous.

Séquence confession : j'adore les génériques. De début mais surtout de fin. C'est l'occasion pour moi de me poser quelques minutes et de digérer l'expérience de jeu à laquelle je viens de participer. C'est aussi une curiosité par rapport aux responsables de cette expérience, à savoir l'équipe de développement. Même si leurs noms qui défilent ne me disent souvent rien, les lire est une sorte de marque de respect pour ce qu'ils viennent de m'apporter. Bref, le générique de fin d'Unravel est plutôt bien conçu puisqu'il se présente sous forme de livre, dont vous tournez les pages à votre rythme. Impossible de louper un seul nom donc. Et vous tomberez même sur un message de remerciement. Soyez curieux en somme. C'est le début de tout.
Jusqu'au bout du fil
Les Plus
  • Un gameplay rafraichissant
  • L'expressivité de Yarny
  • La musique de Henrik Oja et Frida Johansson
  • La patte scandinave des thèmes abordés
  • Des environnements graphiques magnifiques
  • Le rendu de la neige
  • La sensation d'un travail artisanal hyper soigné
Les Moins
  • Des débuts un peu mièvres
Résultat

Sorte de mix entre Kirby, Yoshi et Chibi-Robo!, le héros d'Unravel parvient petit à petit à séduire et dépasser un premier contact on ne peut plus mièvre. Des environnements visuels très agréables et une ambiance sonore impeccable finissent à apporter au jeu une touche unique, largement épaulée par une patte scandinave rafraîchissante. Quant au gameplay, il propose la juste pointe d'originalité permettant de rendre l'expérience marquante.

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