King's Quest

31 juil. 2015
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Activision
  • Développeur Sierra
  • Sortie initiale 28 juillet 2015
  • Genre Aventure

Le Roi de l'aventure est de retour

King's Quest se savoure comme un excellent dessin animé interactif. En effet, le jeu brille par la fluidité de sa progression. Même lorsqu'il tend (vraiment) vers l'aventure, avec des énigmes assez nombreuses, le titre fait avant tout appel au bon sens. De ce fait, King's Quest est comme un bonbon enchanteur que vous savourez le plus longtemps possible. À cela s'ajoute évidemment un univers merveilleux et la façon dont King's Quest se réapproprie sa propre mythologie. Reste à voir si le jeu tiendra sur la longueur - surtout que le premier chapitre est déjà consistant - mais inutile de vous dire que nous sommes plutôt confiants.

Si le nom King's Quest ne vous dit rien, c'est probablement parce que vous êtes jeune. En effet, il s'agit d'un titre fondateur du jeu d'aventure, initialement sorti sur ordinateur IBM en 1983 (même le rédac' chef de Gamatomic était jeune, c'est dire !). Après avoir recréé la marque Sierra en 2014, Activision semble donc bien décidé à ressusciter la série avec une sorte de reboot.

L'histoire

Avant d'aborder l'histoire, il convient de parler de son narrateur. Ainsi, le récit est conté par Kyle Graham, un vieillard ayant visiblement vécu de sacrées aventures ! Graham raconte donc ses péripéties à sa petite fille Gwendoline, et notamment celles lors desquelles il se retrouve à combattre un dragon après lui avoir volé un miroir. Avec cet apéritif ce premier épisode, La Voix du Chevalier, brille de mille feux. Sur le plan esthétique déjà, le jeu possédant un cachet artistique certain, que quelques dessins animés lui envieraient sans mal. D'ailleurs, cet affrontement avec un dragon n'est pas sans rappeler Dragon's Lair, jeu dans lequel vous deviez déjà vous extirper d'un environnement hostile avant de sauver une princesse des griffes d'un... dragon.

Néanmoins, n'allez pas croire que le jeu est un cador technique. Si certains passages lui donnent l'allure d'un défi graphique sans accro, d'autres témoignent d'un budget restreint. C'est le cas de certains gros plans sur les membres de personnages, ou encore d'animations laissant apparaître des bugs minimes mais tout de même présents (c'est notamment le cas de la cape du héros). Néanmoins, le principal est là, et le jeu semble tout de même un peu plus fringant que les dernières productions Telltale (à la fois plus vieillottes et plus rigides). Notez toutefois que La Voix du Chevalier comprend deux histoires. La seconde étant à la fois beaucoup plus longue et - peut-être - un peu moins exaltante que la première.

La narration comme les animations donnent un vrai cachet au jeu. Observez l'effet en 2D.

Le principe

Côté gameplay, King's Quest brille avant tout par sa simplicité et son rythme. Contrairement aux titres de Telltale (avec lesquels la comparaison est inévitable), le jeu ne fait pas dans le blabla. Ici, tout est affaire de ressenti et de visuel. En ce sens, le prologue avec le dragon est véritablement exceptionnel : le héros ne parle pas et seule la voix off du vieux Graham commente ses propres péripéties. Couplé à la simplicité du gameplay et des énigmes (la jouabilité se résume à un accès à l'inventaire, une touche action et quelques QTE), le titre se transforme en véritable dessin animé interactif, dans lequel le joueur devine sans peine ce qu'il doit faire. La deuxième partie de cet épisode, pour sa part, est plus classique. Ici, Graham doit participer à un tournoi royal, et il lui faudra donc arriver aux épreuves en usant à la fois de sa maladresse et de son habileté à distraire autrui. Les énigmes se font plus présentes, tout comme les dialogues plutôt drôles.

Le prologue trouve un écho plus tard dans l'aventure. Chaud devant !

Pour qui ?

Bizarrement, passé son prologue, King's Quest est plus difficile qu'il n'y paraît. Attention ! Le jeu reste accessible à tous, y compris aux enfants, mais disons que l'environnement - assez ouvert - pousse au bon sens et à l'exploration. Ainsi, le jeu réussit à la fois à être moins dirigiste que d'autres productions d'aujourd'hui, tout en étant destiné à tout le monde ou presque. Évidemment, les joueurs les plus âgés se demandent peut-être si King's Quest peut raviver la flamme d'antan. Difficile à dire. D'un côté, ceux qui ont joué au jeu vidéo durant les trente dernières années penseront sûrement, une fois de plus, que le titre est peut-être trop accessible. De l'autre, les joueurs très occasionnels qui ont connu le jeu dans leur enfance pourrait bien se laisser séduire par cette aventure. C'est d'autant plus vrai que King's Quest reprend assez intelligemment la mythologie et les thématiques de son ancêtre.

L'aventure est étonnamment généreuse : comptez entre six et huit heures de jeu !

L'anecdote

Idée saugrenue : comme souvent sur Xbox One, vous pouvez jouer à King's Quest avant que l'installation soit finie. Toutefois, nous vous conseillons fortement de patienter tranquillement et d'attendre que tout soit au poil. Sans cela, il est possible que le jeu se mette brusquement en pause le temps que l'installation se termine. Pas terrible pour l'immersion.
Les Plus
  • La direction artistique
  • Les animations
  • Un prologue réellement excellent
  • Une suite presque aussi excellente
  • Des énigmes ingénieuses et faisant avant tout appel au bon sens
  • Accessible à tous ou presque
  • Le doublage
  • Un certain talent dans la narration
  • Une aventure longue, en particulier compte tenu du format
Les Moins
  • Certaines textures en gros plan
  • Un petit ventre mou au milieu ?
  • Encore et toujours avec les jeux épisodiques... On veut la suite !