Test | The Elder Scrolls Online : Tamriel Unlimited
21 juil. 2015

Le vieux parchemin s'écrit maintenant à plusieurs mains

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The Elder Scrolls Online : Tamriel Unlimited

Plus d'un an après les joueurs PC, les joueurs console peuvent enfin plonger dans l'immense monde de The Elder Scrolls Online : Tamriel Unlimited. Épée, bâton, arc ou hache à la main, chacun aura le plaisir de fouler la terre meurtrie de Tamriel, pour ce nouvel opus d'Elder Scrolls mais avec une différence de taille : vous n'êtes plus seul. Bienvenue dans le MMO très attendu au tournant d'une saga qui pense un peu à tort ne plus rien avoir à prouver.

L'histoire

The Elder Scrolls Online : Tamriel Unlimited vous place 1000 ans avant le dernier volet, The Elder Scrolls V : Skyrim, mais sans que cela soit marqué par une quelconque ambiance préhistorique : vous êtes toujours dans ce bon vieux fantastico-épique, qui sent bon le fer forgé et les breuvages de vigueur. Vous démarrez, pour changer, dans une prison tandis que votre sort est scellé. Mais la rencontre d'un mage va bouleverser le cours fatidique de votre existence : à ses yeux aveugles, vous êtes l'élu, celui qui va sortir Tamriel de l'époque sombre qu'elle traverse. Le monde des ténèbres menace ses verts pâturages et les hommes, comme les elfes ou encore les khajiit (ces chats humanoïdes) semblent peu enclins à sortir la tête de leurs querelles quotidiennes pour affronter cet ennemi plus fort que jamais. En échappant de votre prison maléfique, vous atterrissez au large d'une petite bourgade où, n'étant personne, il va vous falloir vous forger un nom. Vous voilà à l'aune d'innombrables quêtes, qui vous feront rencontrer de nombreux personnages, affronter encore plus d'ennemis, pourfendre un sacré paquet de boss, traverser des pelletées de donjons, le tout à la première personne, arme à la main, potion de magie à la ceinture, avec des milliers d'élus (comme vous) qui se promènent (autour de vous). Les autres joueurs sont de la partie, que vous le vouliez ou non.
Sur un vieux bout de parchemin...

Le principe : battre le fer ou battre le campagne

Un geste que vous allez reproduire souvent. Très souvent.

Si vous avez écumé les plaines nordiques de Skyrim, vous ne serez pas franchement dépaysé. Une vaste partie du monde de Tamriel s'ouvre à votre exploration, dans un système de jeu presque identique à celui du précédent volet. Vous pouvez définir votre personnage selon sa race, sa classe, et ses apparences physiques, pour ensuite développer ses compétences sur la base d'expérience. Cela vous permet d'activer par exemple une compétence passive dans une branche et la laisser enclenchée quelques heures de jeu pour la voir augmenter, et débloquer ainsi par la suite des compétences plus intéressantes de cette branche. Si vous avez choisi un barbare et appréciez fortement courir à travers champs une arme dans chaque main, il vous serait dommage de vous priver d'un peu de magie qui peut se révéler salvatrice lors de certains combats. Cela permet donc à chacun de forger son personnage comme il l'entend et de l'équilibrer selon ses besoins et non selon des clichés. Libre à vous de créer plusieurs personnages pour expérimenter ces croisements. Ils pourront au passage vous servir aussi d'espace de stockage supplémentaire.

Car à la différence de Skyrim, vous n'aurez pas la possibilité de vous acheter une maison pour y déverser vos objets ramassés. Dans Tamriel Unlimited vous apprendrez vite à recycler. Rien ne se perd, tout se transforme, en matière brute et surtout en expérience. Dès le début du jeu vous apprenez à démonter des objets et runes mais aussi à effectuer des recherches sur un objet magique ; vous apprenez ainsi à reproduire ces artefacts. Le crafting occupe une place importante dans le jeu et représente de nombreuses heures passées en Tamriel. Récolter du métal, du bois, des herbes – que vous ferez littéralement couper sous le pied par d'autres joueurs – ou des runes peut devenir une activité à part entière, plutôt lucrative : un marché public vous permet de mettre en vente vos objets artisanaux auprès d'autres joueurs moins patients.
Profession maréchal-ferrant-mage-cuisinier

Le multi : des donjons sans dragons

Dans le feu de l'action, chacun frappe sur ce qui bouge.

Bethesda l'avait clairement annoncé et le contrat est respecté : si vous êtes antisocial, que vous impliquer dans guilde ou simplement donner rendez-vous à un camarade de jeu pour avancer ensemble vous fatigue, vous pourrez tout à fait jouer toute l'aventure en solo. Elle sera plus difficile, certes, mais pas impossible. Il n'empêche que même sans vouloir jouer le jeu du coopératif, vous êtes constamment entouré d'autres joueurs qui progressent lors des mêmes quêtes. Et là où un ennemi un peu plus coriace vous envoie au tapis en quelques coups, un inconnu fraichement débarqué dans le donjon pourra vous donner un coup de main avec une attaque conjointe, sans qu'elle soit spécialement coordonnée. Vous aurez également la curiosité d'observer d'un coin de l'œil son armure et ses attaques favorites, pour constater que la personnalisation de votre héros va tout de même assez loin et répond avant tout à vos envies.

Si certaines quêtes sont expressément solo – vous êtes seul face aux ennemis sans rescousse possible – certains donjons nécessitent d'y pénétrer à plusieurs, sans quoi vous mourrez lamentablement au premier ennemi croisé. Le chat vocal vous permet de vous coordonner avec quelques joueurs rencontrés au hasard à l'entrée du donjon, en quête comme vous de compagnons de combat jetables, pour en venir à bout et se partager les trésors. Mais plus qu'une quête, il existe tout un territoire de Tamriel destiné à des combats grandeur nature entre alliances de joueurs. En créant votre personnage vous en rejoindrez automatiquement une, dont le but est de conquérir la carte en prenant possession de bases, et de les défendre à coups de catapultes. Ce tower defense géant dont vous êtes les pions vous offre tout un pan inédit du jeu, même si le concept est plutôt éloigné du principe d'exploration de base.
L'union fait la force

Pour qui ?

Pas le temps de s'arrêter pour faire un Instagram.

The Elder Scrolls Online : Tamriel Unlimited pourrait s'apparenter à feu Second Life, la maison en moins. Le monde évolue avec ou sans vous ; vous pouvez mener vos petites affaires dans votre coin ou prospérer grâce aux écus des autres ; vous pouvez vous lancer dans une vaste exploration de terre inconnue ou décider de suivre la quête d'un personnage juste à côté du chemin ; vous pouvez faire de votre pseudo un nom connu et respecté, ou choisir de rester à jamais dans l'ombre... Et vous pouvez aussi vous promener en slip et choisir de danser, ou bien forger la plus belle armure de Tamriel et la porter en faisant rouler des mécaniques sur la place publique.

Les quêtes proposées suivent les grosses ficelles d'un scénario global, autour duquel s'articulent de nombreux fils parallèles. Ces quêtes vous sont proposées par des personnages récurrents que vous croisez à différents carrefours importants de l'histoire. Il est amusant de voir tous les autres joueurs parler en même temps au même personnage, qui lui s'adresse directement à vous. Comme dans tous les MMO, il y a un effort à fournir pour se sentir pleinement investi, surtout quand vous pouvez deviner aisément la suite du scénario en observant simplement le déplacement et les actions des joueurs alentours. Mais bon nombre de vos missions, et pas des plus courtes, trouveront leur démarrage en-dehors des sentiers battus. N'hésitez pas à sortir du chemin pour croiser des personnages à la quête unique, qui sauront vous récompenser si vous leur rendez service. Cela va de la délivrance d'un village sous le joug d'un mage maléfique à l'assistance d'un fils un peu trop têtu aux yeux de sa mère, en passant par diverses collectes d'objets, informations et artefacts qui amèneront immanquablement à des combats contre diverses créatures plus ou moins humaines.
Si vous y mettez le doigt, préparez-vous à y laisser un bras

L'anecdote

À la lumière du crépuscule, il forgea plus qu'une armure. Il forgea son destin.

Mes premiers pas en Tamriel ont loin d'avoir été hésitants, tout aguerri que j'étais par les nombreuses heures passées sur Skyrim. Mal m'en a pris ! J'avais un peu trop vite oublié l'absolue nécessité de visiter chaque recoin de chaque pièce de chaque détour du lieu où je me trouve. Et me voilà passé à côté de richesses que je ne pourrais jamais récupérer dans le tutoriel. Fort heureusement, j'ai très vite été pris en main par des personnages bienveillants, censés vous guider dans la compréhension des spécialités (forge, couture, bois, runes, potions, nourriture) et leur élaboration. Ce qui a eu pour but de me familiariser très tôt avec les recherches (en plus du démontage d'objets), qui se révèle indispensable pour élaborer des objets de qualité.

Plus tard dans le jeu, après trois semaines de combats, de montées de niveaux, d'exploration et de création de lingots de fer, je me suis rendu compte de l'immensité de Tamriel que je ne soupçonnais qu'à peine. En effet, si les premières quêtes se concentrent dans une île plutôt charmante, j'ai commencé à explorer le reste du continent par petits morceaux. C'est à ce moment précis, en prenant du recul sur la carte et sur ce que j'ai pu accomplir jusqu'à présent, que je me suis rendu compte que The Elder Scrolls Online : Tamriel Unlimited porte bien son sous-titre d'illimité.
Addiction palpable
Les Plus
  • À jouer en solo ou en multi, selon votre envie du moment
  • Des quêtes nombreuses disséminées un peu partout
  • Construisez un personnage à votre image, uniquement à base d'expérience
  • L'alliance magie / armes classiques
  • Vous aurez toujours quelque chose à faire quelque part
  • La qualité des dialogues et des ouvrages disponibles à la lecture
Les Moins
  • Graphiquement à la traîne
  • La gestion de la banque et de l'inventaire entraîne une gymnastique peu pratique
Résultat

N'en déplaise aux trolls, les MMORPG sont de plus en plus tournés vers le monde des consoles et c'est tant mieux. Avec The Elder Scrolls Online : Tamriel Unlimited, Bethesda par l'intermédiaire du studio Zenimax poursuit l'aventure des Elder Scrolls, après plusieurs épisodes qui ont précédemment rencontré leur public en-dehors des PC. Ici, clairement, pas de révolution. Zenimax se contente d'appliquer la recette qui a fait le succès de Skyrim en gérant plusieurs joueurs en même temps au même endroit. Peu de nouveautés, aucune évolution technologique ou graphique, ce qui donne un aspect visuel un peu vieillot au titre alors que la concurrence en termes de RPG comme The Witcher 3 a rehaussé d'un cran les standards. Mais vous oublierez (un peu) cet aspect négatif au profit d'une épopée sans fin, qui vous captivera par petits bouts en solo ou vous emmènera mener de vastes batailles avec des coéquipiers amoureux eux aussi de l'univers de Tamriel.

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