Assassin's Creed Chronicles : China

15 mai 2015
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Le réveil d'une licence

Considérer Assassin's Creed Chronicles : China comme un sous-Assassin's Creed serait une erreur. Bien au contraire. Grâce à un parti-pris infiltration bien maitrisé et un style graphique façon encre de chine très contemporain, voire impressionniste, ce premier volet annonce une trilogie qui vaut clairement le détour, peut-être même plus que certains dits "gros" épisodes de la série initiale. Un jeu plaisant et réfléchi, qui plaira aussi bien aux aficionados qu'aux nouveaux venus.

La poule aux œufs d'or d'Ubisoft tient décidément une place de choix dans le catalogue de l'éditeur. Avant le film, et après des suites dont les sorties sont réglées au métronome, voici venir Assassin's Creed Chronicles : China, itération inédite en 2.5D qui, ô surprise, parvient à renouveler une licence qu'on supposait ronronnante.

L'histoire

L'empire Chinois du XVIème siècle n'est pas ce qu'on pourrait appeler de tout repos. Entre les assauts mongoles, les frasques de la dynastie Ming - qui entrainera sa chute - et une corruption grandissante, la Chine s’affaiblit inexorablement. Au milieu de ce chaos, la Confrérie chinoise des Assassins se retrouve démantelée, éparpillant ses membres aux quatre coins du globe. Mais la ténacité chinoise, et son sens de l'honneur légendaire, ramène la jeune Shao Jun dans son pays natal, bien décidée à venger sa Confrérie et la faire renaitre de ses cendres. Le challenge devrait être à sa portée. Elle a en effet profité de son expatriation pour s'entrainer aux côtés d'un certain Ezio Auditore da Firenze...

Si vous n'êtes pas un habitué de la série, difficile d'appréhender comme il se doit le scénario d'Assassin's Creed Chronicles : China. Cette complexité pourrait même engendrer chez vous un certain désintérêt des cinématiques - pourtant magnifiques - faisant la liaison entre chaque niveau. D'où parfois, voire souvent, un manque cruel d'implication dans le destin de l’héroïne. Ça tombe bien : avant d'être une grande aventure épique, Assassin's Creed Chronicles : China est d'abord un Die and Retry au gameplay parfaitement huilé.

Surveillez les rondes des gardes pour les éviter au maximum.

Le principe

Oubliez ce que vous connaissez de la série Assassin's Creed, à savoir un monde ouvert où vous pouvez vous baladez n'importe où ou presque. Non, Assassin's Creed Chronicles : China vous place dans les rails de la 2.5D, nouveau terme à la mode pour décrire une progression en grande partie horizontale avec quelques effets de profondeur pour "donner l'impression de". À l'usage, cette technique est plutôt réussie et offre un sentiment de liberté sympathique. Vous basculez ainsi régulièrement du premier à l'arrière plan, offrant à votre progression une variété bienvenue. En la matière, Ubisoft n'en est pas à son coup d'essai puisque le principe a déjà fait des merveilles sur Child of Light, Soldats Inconnus et surtout Rayman Legends.

Au cœur du gameplay d'Assassin's Creed Chronicles : China, vous retrouvez ce que la série Assassin's Creed n'aurait jamais dû mettre de côté dans ses derniers volets, à savoir l'infiltration. Ici, pas question d'avancer comme un forcené, surtout au début du jeu, car les ennemis ne vous font pas de cadeaux. Tout est question de finesse, vous devez étudier les rondes des gardes, repérer les éléments du décor qui pourraient vous soustraire à leur champ de vision, marcher lentement pour ne pas faire grincer un plancher, éviter de réveiller un chien de garde... C'est bien simple, vous avez parfois l'impression d'être dans un Splinter Cell, voire un Commandos.

Bien entendu, malgré sa discrétion et son agilité à s'accrocher partout pour se camoufler, Shao Jun doit parfois se confronter aux différents gardes qu'elle ne manquera pas de croiser. Ainsi, elle dispose de plusieurs armes typiquement "assassins" : une épée acérée, une lame de semelle mais également des dagues à lancer sur des carillons pour faire diversion, ou même, tuer des ennemis en surplomb lorsqu'elles sont associées à une corde.

Même en 2.5D, le saut de la foi fait toujours son petit effet.

Pour qui ?

Si l'univers d'Assassins Creed est bel et bien présent, avec plusieurs clins d’œil aux habitués, comme le fameux saut de la foi, il n'est pas nécessaire d'être un fervent adepte de la série d'Ubisoft pour apprécier Assassin's Creed Chronicles : China. Son aspect infiltration, voire tactique, peut attirer les joueurs qui aiment réfléchir un minimum. Côté difficulté, le jeu se révèle tout à fait accessible, même si certains passages en temps limité vous donneront un peu de fil à retordre. Mais pas de panique : on a vu des Die and Retry bien plus compliqués.

Le jeu propose plusieurs cibles importantes à abattre.

L'anecdote

Nous sommes chez Ubisoft. Assassin's Creed Chronicles : China n'est donc pas un one shot mais bel et bien le premier volet d'une trilogie. Après l'Empire chinois, vous aurez donc droit à l'Inde coloniale dans Assassin's Creed Chronicles : India et à la Russie révolutionnaire avec Assassin's Creed Chronicles : Russia. Espérons que tout ça ne soit pas prétexte à un simple lifting visuel, aussi magnifique soit il, mais à un vrai approfondissement du gameplay du premier volet. À suivre.
Les Plus
  • L'aspect inflitration
  • Un emballage visuel à l'encre de chine du plus bel effet
  • La variété des environnements
Les Moins
  • L'histoire un peu opaque
  • Des personnages qui manquent de charisme
  • Pas de doublage français (un comble pour le premier éditeur français)