Test | Codename: Panzers! passé au scanner
28 nov. 2004

Testé par UnexpectedGuest sur
Codename: Panzers

Pas facile de sortir du lot lorsqu'on propose un RTS ayant pour cadre la sur-exploitée seconde guerre mondiale, tant on a l'impression que le genre de jeu aussi bien que le théatre des opérations ont été visités à fond. Aussi, c'est avec un tout relatif entrain qu'on a enfourné le CD de Codename: Panzers!. Et là, surprise, la mayonnaise prend, l'heure tourne sans qu'on la voit passer, on se dit "Allez, je passe le pont et je vais me coucher" et bien sûr on continue. Alors, si au final Stormregion avait réussi son pari, faire un bon plat dans une vieille marmite ? La réponse à cette question existentielle juste [url=_self,http://www.gamatomic.com/ga/articles.aspx?tx_id=555"]ici[/url]. Non, juste avant. Suivez un peu.

En terrain connu

Le RTS, on ne présente plus, et la seconde guerre mondiale non plus. Et bien si, désolé, reparlons-en rapidement si vous le voulez bien, ou plus précisément comment Codename: Panzers! s'incrit dans ce grand classique du genre. Première erreur à ne pas commettre, ne pas l'associer à la série des Sudden Strike, le gros carton de l'éditeur CDV, qui édite aussi l'ami Codename: Panzers!. Ici, point de cartes immenses, de myriade de petits bonhommes de trois pixels de haut, de vue en 2D plus statique que le GI moyen surpris au milieu d'un champ de mines Viet-Cong. Deuxième erreur à éviter, le Panzer du titre ne vous oblige pas à jouer uniquement les troupes de Guderian, tout comme vous ne serez pas restreints à n'utiliser que des unitées blindées. Au niveau du théatre par contre, rien de révolutionnaire en soi. Les trois camps jouables (Allemagne, USA et Russie) imposant d'eux-même les paysages européens. Donc pas de cocotiers, ni de lagons bleus, désolé. Sinon, Codename: Panzers! reste d'apparence très classique, et c'est dans l'action qu'on verra si il tire son épingle du jeu.

Faudra faire avec

Horsa Airlines !

Dans Codename: Panzers!, pas d'arbre technologique, ni d'usines à unités. Rien à construire, rien à récolter (si ce n'est de la mitraille), pas de recherches à mener. Comme assez classiquement dans les RTS à background historique, on vous permet au début de chaque mission de dépenser les points qui vous sont alloués en composant l'armada qui vous aidera à aller au bout des objectifs fixés. Simplissime ? Oui, mais efficace. Ici, on se concentre sur la carte et ses objectifs, et on n'a pas besoin d'aller périodiquement remplir des files d'attente des usines qui fabriquent notre chair à canon. Cet aspect n'est pas spécifique à Codename: Panzers!, mais il convient de noter que cela renforce le réalisme global, car envoyer une unité à la mort, c'est ici accepter de devoir continuer à jouer sans elle pendant le reste de la mission. N'en déduisez pas que chaque unité est personnalisée (comme dans les Close Combat), mais elle gagne néanmoins en expérience à chaque combat, ce qui la rend globalement plus efficace. Assez classiquement aussi, vous disposerez d'unités de réparation et de ravitaillement qui vous permettront de vous refaire une santé entre deux assauts, que vous les subissiez ou que vous en soyez l'instigateur. Pour finir ce tour du propriétaire, comme dans AKvsDR, trouver et réussir des objectifs "cachés" vous permettra d'avoir accès à des unités de type "prestige". Oui, c'est la carotte au bout du bâton.

Pour le plaisir des yeux

Il faut sauver...

La première chose qui frappe quand on commence à jouer à Codename: Panzers!, c'est que c'est beau (n'hésitez pas à mettre de l'Anti Aliasing). Enfin, entendons-nous bien. C'est pas à tomber par terre, ça reste des campagnes, des villes et des ponts sur des rivières, tout ça dans des tons marron-gris, mais c'est très joli. Un peu à la Dungeon Siege, les arbres bougent doucement au gré du vent, l'eau frémit, les véhicules font de la poussière et laissent des traces, la nuit succède au jour. Mignon et efficace, surtout qu'à l'exception des vidéos, qui rament de temps en temps, les phase in-game sont très fluides. Le moteur graphique de Codename: Panzers! réussit le joli tour de force d'être joli, de ne pas mettre votre machine à genoux, et surtout, de servir le game-play. En effet, pour une fois zoomer et faire pivoter la vue servent enfin à quelquechose d'autre qu'à s'amuser à observer la carte pendant que les mécanos réparent les tanks qui fument. Ici, on joue à 90% du temps dans la vue la plus éloignée, et dans l'axe de la progression. Mais à la moindre embuscade, on zoome et on change l'axe de vision pour coller à l'escarmouche. Très bon point donc, un moteur qui sert le jeu comme ça, ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu ça. Tant qu'on est sur le visuel, on notera la bonne gestion des reliefs et autres forêts et bâtiments, dont l'interaction avec la ligne de visée est nickel. Et les explosions. Ah oui les explosions. Un brin exagérées au niveau des effets spéciaux, mais superbes. À garder. De même que les bâtiments, tous occupables par les troupes, et destructibles pour en déloger les vicelards qui s'y réfugient.

Une mécanique bien huilée

Waiting for the Tiger.

On se sent bien dans Codename: Panzers!, et ce pour plusieurs raisons. L'interface est efficace. Déplacer, orienter ses unités est instinctif, et on oublie bien vite ces nécessaires considérations pour se concentrer sur le principal : le jeu. Jamais on ne s'énerve car cet *enfoiré de tank* s'obstine à présenter son arrière train aux troupes ennemies, jamais l'ambiance ne s'effondre quand on remarque que ce canon bombarde le bunker ennemi depuis 18 minutes sans qu'on n'ait jamais eu besoin de le ravitailler, jamais il ne faut micro-ajuster ses unités pour qu'elles puissent voir, tirer, réparer. Jamais on n'est agacé par ces petites imperfections fréquentes qui gâchent au final un jeu, car elles nous arrachent au scénario pour nous astreindrent à résoudre à la main des imperfections techniques du jeu.

Cette mission, si vous l'acceptez ...

Next!

Les missions de Codename: Panzers! s'articulent autour de trois grosses campagnes, une par nationalité. C'est là que Panzers! est, très bon, là où AKvsDr n'était avec un peu de recul que moyen. Tout d'abord, les missions sont longues, très longues. Comptez plusieurs heures en moyenne pour vous défaire de certaines cartes. C'est très scripté, donc peu rejouable, mais c'est très sympa, on va bien au delà du bosquet/bunker/bosquet/bunker. Et la difficulté ? C'est très variable, ça va du assez facile au très dur. Assez facile car comme souvent dans ce style de jeu, le duo sniper/éclaireur + obusier permet d'anéantir sans risque 90% des ennemis, qui ne voient même pas d'où vient l'obus fatal. Assez ironiquement, attaquer est plus facile que défendre, contrairement à ce qu'on imagine des combats dans la vraie vie. Attaquer, c'est souvent combattre des unités immobiles, cibles parfaites pour notre combo long-distance-killer. Alors que défendre, c'est essayer de chopper des tanks roulant à vive allure, exercice un tantinet plus aléatoire. Là où ça se corse vraiment, c'est quand le temps est limité, car là cette technique de j'avance/j'observe/je tue est très rarement compatible avec le chrono. Et là, il n'est pas rare de s'y reprendre à de nombreuses fois avant de boucler une phase de jeu. Donc globalement, les missions sont plus longues que difficiles, mais ponctuellement un objectif coriace en temps limité vient changer la donne. Si on voit ça du bon côté, disons que ça évite la routine ! Pour finir, la possibilité de sauvegader à volonté évite le toujours très pénible "Ah non, je ne vais pas tout me re-taper là ?".

Un cran plus loin avec Panzers!

Un petit barrage avant l'assaut.

On l'a vu, Codename: Panzers! est très bon dans un genre connu. Alors, rien, vraiment rien de nouveau ? Si... Tout d'abord, une très bonne gestion du son. Non, pas des musiques, mais du son. On entend les tanks avant de les voir, comme en vrai. Le son devient donc un instrument tactique, qui permet d'anticiper une attaque, ou de repérer les mortiers qui déciment nos troupes. De même, lorsqu'une unité ennemie est en limite de notre champ visuel et qu'elle se déplace un brin bruyamment, des petites icônes qui nous la signale. Sympa. Et surtout, enfin nous voilà confrontés à une IA sympa. Bon, c'est pas encore pour cette fois ci qu'on a l'impression d'avoir un humain en face, mais quand même ça commence à devenir agréable, car le challenge ne vient plus de la disproportion des forces, mais de la tactique de la dite AI. Une AI curieuse, qui vient voir quand ça pète. Une AI revancharde qui n'aime pas perdre des points stratégiques. Une AI qui investigue, qui patrouille, qui asticote nos avant-postes, mais qu'on finit toujours par avoir à la fin. Parce que nous, on est supérieur. Et ça tombe bien, c'est nous qui avons payé le jeu, alors la victoire nous revient de droit.
Les Plus
  • Missions longues, variées et assez équilibrées.
  • Enfin une IA sympa.
  • Des missions bonus sont disponibles gratuitement.
  • On peut régler l'AA dans le menu du jeu.
  • Trois camps jouables pour trois grosses campagnes.
Les Moins
  • Couple éclaireur/artillerie trop fort.
  • Attaques aériennes trop fortes aussi.
  • Le pathfinding n'est pas très crédible dans certaines situations.
  • Certaines missions chronométrées sont trop dures.
Résultat

Oui, le "Phase 1" du titre nous suggère qu'il y aura des suites. Une bonne chose ? Oui, clairement. Mais... Oui, on n'a pas encore parlé des "mais". On l'a déjà évoqué, mais la tactique consistant à envoyer un éclaireur repérer les objectifs et piloner ces derniers ensuite en toute impunité rend certaines phases du jeu un brin trop facile, même si c'est sûrement réaliste. Même grief pour la possibilité qu'on a de demander des bombardements annexes. Ca devient tout de suite trop facile, à un tel point que de temps en temps il vaut mieux ignorer cette possibilité pour conserver un certain piment à des missions. À côté de ça, il ne fait pas se leurrer, Codename: Panzers! reste une simultaion gentille, pas harcore. Un soldat ou un tank à qui il ne reste que 3% de PdV pourront se faire soigner/réparer, ils se retrouveront toujours à 100% dix secondes plus tard. De même d'une unité en piteux état ne voit pas ses caractéristiques s'amoindrir, elle va toujours aussi vite, tire toujours à la même cadence. C'est pas un mal en soi, mais il faut en être conscient. La palme du "mais" revient au pathfinding qui n'hésite pas faire traverser des forêts aux simples voitures, lesquelles abattent sans vergogne tous les arbres présents sur leur route. Ca n'a aucune influence sur le jeu, ça prête juste à sourire. Pardon ? On devient pointilleux ? Oui, mais c'est un luxe qu'on ne peut se permettre que dans les bons jeux, tant mieux donc pour Codename: Panzers!. Pour finir, à part des missions supplémentaires, on ne voit pas trop ce que vont pouvoir apporter les futurs opus de Codename: Panzers!. On se tiendra au courant, donc on vous tiendra au courant !

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