Tribes : Vengeance, le jeu qui se mange froid

12 nov. 2004
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Depuis un certain film de Tarantino, tout le monde connaît le proverbe pseudo Klingon qui veut que la vengeance soit un plat qui se mange froid. C'est particulièrement vrai dans le dernier Tribes puisque la précipitation et l'excitation mènent tout droit à la défaite : pour gagner, il faut être calme, posé et soigneux. Si vous adorez anticiper ou encore faire du ski, réjouissez-vous, Tribes: Vengeance est pour vous.

Fromage et dessert

Tribes: Vengeance fait partie de ces quelques titres qui sont destinés au multijoueur et dont les modes de jeu servent juste de gros prétexte à se tirer dessus sans discontinuer. A la différences de ses illustres rivaux entièrement tournés vers le réseau et dénigrant les pauvres humains esseulés, le dernier Tribes propose toutefois une campagne solo qui a le grand mérite de ne pas se résumer à un gros tutorial. Le jeu est donc copieux en solo et en multi, ce qui est à la fois exceptionnel et agréable. Champagne.
 

Accessoires en série

Ceux qui ne connaissent pas les Tribes vont paniquer dès qu'ils seront livrés à eux-mêmes : dans ce jeu de poseurs, pas question de straffer en sautillant comme un crapaud pour esquiver les salves. Pas de couloirs non plus ni de bonus à récupérer sur les cartes pour obtenir nouvelles armes et autres multiplicateurs de dégâts. Non, là, tout se joue sur de vastes cartes situées en extérieur avec quelques véhicules mais surtout deux gadgets très spéciaux : le jetpack et les skis.
 

Le lièvre et les tortues

Les combats sont très aériens dans Tribes. C'est bien simple, rester au sol est mortel. Il faut enchaîner les sauts de Marsupilami grâce au jetpack tout en apprenant à prendre de la vitesse en skiant sur les parois avec la barre espace. Au début, le mélange de ces deux techniques de sagouin est injouable : non seulement on se fait plomber par des ennemis situés dans la stratosphère, mais en plus on se mange rocher sur rocher au lieu de s'envoler gracieusement. Cela dit, dès qu'on maîtrise un peu, skier et bondir devient tout bonnement excellent. Les cartes sont admirablement bien conçues et permettent d'atteindre des vitesses supersoniques en skiant comme un guedin. C'est le grand mérite des Tribes et Vengeance ne fait bien sûr pas exception à l'ancestrale règle.
 

Au rebond

Le seul problème qui subsiste une fois qu'on a compris comment tracer comme un goret, c'est encore de toucher les autres. En l'air, ce n'est presque pas la peine d'essayer, à moins d'avoir une mitrailleuse ; le secret, c'est de viser l'atterrissage. Toute la finasserie de Tribes: Vengeance vient de la force d'inertie, admirablement gérée. Dès qu'on s'envole, il devient difficile de modifier sa trajectoire ; du coup, pour un joueur expérimenté, c'est-à-dire doué en mathématique et en tir prédictif, on fait une cible de choix. Là encore, il faut pas mal de pratique pour anticiper les déplacements et les points de chute mais le réflexe vient relativement vite. Allez, au bout d'une dizaine d'heures, on commence à maîtriser.
 

Un côté Pulp

Pour acquérir les bons réflexes sans se faire humilier en multi, mieux vaut attaquer la campagne solo. Les premiers niveaux font un peu peur même s'ils sont très rythmés, ils servent de tutorial. Au cours d'une petite histoire très marrante de princesse stellaire à sauver, on apprend à utiliser un jetpack, à skier et à se battre en arène. Un des modes de jeu présenté est d'ailleurs très original, il change des Capture du drapeau : il faut remplir un réservoir en ramenant des capsules d'essence éparpillées sur le terrain ou, variante encore plus drôle, en les récupérant sous le réservoir ennemi. Par la suite, l'histoire décolle vraiment et multiplie les points de vue : un personnage combattu d'abord devient ensuite jouable, avec des croisements et des éliminations très rigolos à la Tarantino. C'est toujours amusant de buter un perso qu'on avait joué auparavant, même si on s'y perd un peu parfois.
Les Plus
  • Réalisation somptueuse, jeu aérien original
  • Intéressant en solo ET en multi : un miracle
Les Moins
  • Pas de bots ni de sessions offline pour s'entraîner
  • Quelques légers déséquilibres (véhicules, classes et armes).
Résultat

Alors évidemment, il faut passer des dizaines d'heures sur Tribes: Vengeance pour commencer à apprécier son gameplay si curieux. Dompter ces grands espaces ne se fait pas sans mal. Les grands nerveux vont en baver mais les amateurs de tirs précis vont se régaler. Encore que… Il reste bien deux trois défauts gênants, comme l'absence de bots en multi pour émuler une session tout seul dans son coin ou en compléter une un peu vide. Les chargements sont également longuets et le moteur 3D un brin gourmand mais vu la beauté des graphismes, c'est vite pardonné. Et il reste en plus, pour chipoter, des petits chtouis comme des armes et des véhicules inégaux ou une armure moyenne qui ne sert strictement à rien. Des bricoles quoi, rien de bien gênant pour les amateurs de doom-like aériens.