Test | Project X Zone
16 août 2013

Plaisir primaire et nostalgique

Testé par sur
Project X Zone

Dans la famille crossover, je voudrais le plus généreux. Suite du Namco X Capcom sorti sur PS2, Project X Zone, toujours développé par Monolith (en collaboration avec Banpresto), ajoute à la série un troisième cador du jeu vidéo japonais : SEGA.

L'histoire

En soi, l'histoire de Project X Zone n'a rien d'extraordinaire. Le monde est frappé par un étrange phénomène : des failles spatio-temporelles s'imbriquent les unes dans les autres, créant un labyrinthe constitué de mondes parallèles entre lesquels des monstres circulent. Le pitch est donc prétexte à parcourir les différents univers (chaque chapitre correspond à l'un d'eux). Street Fighter, Ghosts'n Goblins, Tekken, Resident Evil, Darkstalkers, Virtua Fighter, Fighting Vipers, .Hack, Tales of, Dead Rising, Resonance of Fate, God Eater... Les personnages et lieux utilisés se comptent par dizaines. C'est ce qu'il y a de beau dans le système formel du jeu : chaque début de mission vous révèle son lot de héros, faisant esquisser des sourires à quiconque les reconnaît. De ce fait, les introductions des chapitres font office de carottes et de récompenses. Un sentiment renforcé par la qualité d'écriture. Uniquement en anglais, Project X Zone fait pourtant preuve d'un humour subtil et n'hésite pas, parfois, à briser le quatrième mur avec délicatesse. Il se dégage du titre un charme nostalgique, comme si vous étiez invité à une fête qui regrouperait vos amis d'enfance. A force d'être téléporté d'un monde à l'autre (et aux côtés de personnages variés), le constat s'impose de lui-même : Project X Zone est une déclaration d'amour au jeu vidéo japonais des années 90 et 2000, celui-là même que certains pensaient mort il y a quelques années.
Sliders version Maxi Best-of

Le principe

Un système de soutien est présent. Ici, Batsu vient en renfort.

Comme toute déclaration, il est bon de l'accompagner d'une présentation adéquate. Dans Project X Zone, la technique s'allie au gameplay pour créer un spectacle visuel particulièrement dynamique. A l'instar d'autres tactical-RPG, le jeu alterne entre phases de déplacement et affrontements. Vous déplacez des binômes dans un périmètre donné pour détruire des objets ou récupérer des items, avant de vous rapprocher des ennemis pour les combattre. A vrai dire, l'aspect "no limit" du roster se retrouve dans le game design, pour le meilleur comme pour le pire. Le pire, justement, c'est le manque de difficulté de l'ensemble. Pas étonnant puisque le jeu permet d'effectuer autant d'action que vous le souhaitez pendant le tour d'un personnage. Les développeurs ne se sont pas pris la tête et il est possible, par exemple, d'ouvrir tous les coffres présents dans le périmètre, soigner un ou plusieurs alliés, activer une compétence et attaquer le CPU. Rien que ça. Pourtant, ce parti pris est complètement assumé. Project X Zone privilégie le fun aux contraintes, qu'importe leur type.

Paroxysme de cette jouissance primaire, les combats demandent d'attaquer l'adversaire en pressant une touche et une direction. Les combos (aussi dévastateurs qu'impressionnants) sont maximisés en fonction du timing : toucher l'ennemi alors qu'il s'apprête à toucher le sol inflige des coups critiques. La mise en scène des combats facilite la manœuvre puisque les ennemis rebondissent sur le bord du cadre, ce qui permet d'anticiper leur arrivée au sol. Mais le plaisir intrinsèque de Project X Zone vient d'une jauge spécifique nommée XP (à ne pas confondre avec le gain d'expérience). Celle-ci se remplit au fil des coups donnés et reçus, et permet de se défendre, de contre-attaquer, d'utiliser des compétences et, surtout, d'effectuer des attaques spéciales. Ces dernières jouissent d'une mise en scène ultra dynamique (basée sur des travellings mettant en avant une 3D irréprochable) et s'apparentent à un feu d'artifice visuel. Ajoutez le thème musical du binôme contrôlé et vous obtenez un sentiment nostalgique rarement atteint.
Des choix extrêmes mais sans complexes

Pour qui ?

Les adversaires rebondissent fréquemment contre les murs. Pratique.

Project X Zone étant un crossover, il se destine aux personnes qui se sentent concernés par le background et les protagonistes du jeu. De loin, la sortie occidentale de Project X Zone était improbable... Mais de plus près, il est étonnant de retrouver de nombreuses séries désormais bien connues chez nous. Dès lors, la sortie du titre paraît finalement judicieuse. Ceci dit, les plus belles surprises restent destinées aux fans d'import (Sakura Wars, Super Robot Taisen, etc.) et il est recommandé de savoir parler anglais afin d'apprécier l'humour à sa juste valeur.
Bonne culture requise

L'anecdote

Les attaques spéciales apportent leur lot d'émotions.

Project X Zone est l'occasion de ressentir un plaisir primaire, et ce grâce à un fan-service maitrisé. Ainsi, l'émotion est montée lorsque j'ai vu apparaître pour, la première fois, les personnages de mon meilleur souvenir vidéoludique : Sakura Wars 3. En plus de cela, Project X Zone utilise habilement les musiques des différentes franchises, que ce soit lors des attaques spéciales ou lors de rebondissements scénaristiques appropriés. Classe.
"Ussa-ssa-ssa !" Ciseaux de Sakura Wars
Les Plus
  • Un panel de personnages qui fait plaisir
  • Un humour savoureux
  • Une technique irréprochable
  • Des sprites 2D jouant sur la nostalgie
  • Le système de combat, simple mais jouissif
  • Les attaques spéciales et leur mise en scène explosive
  • Plus adapté au public occidental qu'il n'y parait
  • Des musiques géniales en pagaille
  • Long, très long
  • Ussa-ssa-ssa-ssa !
Les Moins
  • Trop simple
  • Des efforts auraient pu être fait pour rendre les mécaniques de jeu plus intéressantes
  • Certains trouveront le jeu répétitif
Résultat

Il y a des jeux auxquels on pardonne tout, et Project X Zone en fait indéniablement partie. Malgré son accessibilité outrancière (au point qu'elle pourrait s'apparenter à de la fainéantise), l'expérience ne révèle finalement qu'une chose : la réussite explosive et nostalgique de l'ensemble. Il y a des jeux, comme celui-ci, qui nous font rire, retourner quelques années en arrière, esquisser des sourire... Entre la maestria esthétique (le parti pris graphique est judicieux), la mise en scène irréprochable et l'écriture justifiant ce bordel héroïque, il y a de quoi être émoustillé, voire ému. L'un des coups de cœur de l'année.

Partagez ce test
Tribune libre