Bouclez une enquête avec panache avec Red Johnson's chronicles : One Against All

24 sept. 2012
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Au prix où Red Johnson's Chronicles : One Against All est proposé, la petite dizaine d’heures composant l’aventure vaut largement le coup. Malgré le classicisme certain du scénario, le dénouement ne dépend que de vous et de votre esprit de déduction. Soyez donc attentifs au moindre détails, inspectez bien chaque indice, chaque lieu et écoutez avec attention ce que les personnages vous disent afin de démêler le vrai du faux. C’est indéniable, les petits gars de Lexis Numérique ont fait du bon boulot. Chose qui se ressent partout. Que ce soit au travers des dialogues ou des énigmes, rien n’a été laissé au hasard afin de garantir la meilleure expérience de jeu possible. Une petite perle comme on les aime.

Un peu plus d’un an après la première aventure de Red Johnson, les français de Lexis Numérique nous offrent un nouveau Point & Click alliant action et aventure mettant en scène l’audacieux détective privé. Recherché par toutes les âmes mauvaises de la ville en quête de la prime mise sur sa tête, il se voit dans l’obligation de rester incognito pendant un moment. Mais quand une affaire personnelle surgit soudainement, Red Johnson n’a d’autres choix que de reprendre du service.

"Il était une fois, un détective qui lisait le journal au coin du feu..."

Red is dead

Vous êtes Red Johnson, un détective privé excellant dans son domaine. Peut-être même trop. Quelques semaines auparavant, vous avez résolu avec brio un meurtre des plus retors, faisant passer la police locale pour une jolie bande d’incompétents. Seulement voilà. La victime était un voyou, une vermine que la moitié de la ville de Métropolis souhaitait voir abattue dans un caniveau ou bien servir de nourriture aux vers de terre. Après avoir débusqué le coupable, l’homme tenant la ville, un certain Oncle Teddy, en a après vous et offre une prime de 150.000 dollars à quiconque réussira à vous capturer mort ou mort. Après ce court résumé récapitulatif de l’épisode précédent annonçant déjà le ton et la couleur et un générique qui en jette, la nouvelle aventure de Red Johnson commence sur les chapeaux de roues. Traqué, vous vous réfugiez dans le quartier de votre enfance : les docks. Relents de poissons en décomposition, cimetière d’épaves et rades puants peuplés de soulards aussi poètes qu’inhospitaliers constituent l’ambiance douillette et doucereuse qui vous accueille à bras ouverts dès les premières minutes de jeu. C’est dans ce cocon teinté d’odeurs d’alcools mêlés à celles de la pêche que vous échappez de peu à une choppe de bière empoisonnée dans laquelle se trouve un doigt humain et recevez une mystérieuse boîte renfermant un ordinateur. Après vous être remis de vos émotions, vous apprenez que ce doigt appartient à votre frère Brown, perdu de vue depuis plusieurs années. Le décor est planté. Bienvenue à Métropolis !

"...quand soudainement, il dût résoudre moult énigmes pour sauver la vie de son frère..."

Observer, réfléchir, résoudre

Autant vous prévenir tout de suite, Red Johnson's Chronicles : One Against All est capable de mettre vos méninges à rude épreuve. Si au début vous êtes pris par la main quant à la résolution des énigmes, au maniement de la loupe et de la lampe à UV, il n’en est pas de même ensuite. Très vite, le degré de difficulté des énigmes augmente. Intelligentes, astucieuses et surtout bien pensées, ces dernières ne sont pas simples comme bonjour. Loin de là même. Si certaines se résolvent plutôt rapidement, d’autres, beaucoup plus alambiquées, vous demanderont plus de rigueur et d’attention. A cela s’ajoute le fait qu’une poignée d’entre elles, d’une complexité rare, ont le talent de vous faire voir rouge (sans mauvais jeu de mot). Une fois passées, une vague de satisfaction refoule les écumes de votre agacement et force est de constater l’ingéniosité et l’audace dont le jeu fait preuve. Si jamais l’incompréhension vous gagne et que vous séchez totalement face à une énigme, des indices sont à votre disposition contre de l’argent. Celui-ci se gagne en réussissant le plus rapidement les énigmes ou interrogatoires avec le moins de fautes possibles. Délivrés par Saul, un protagoniste à la personnalité attachante, les indices ne sont hélas pas toujours de grand recours. Il arrive en effet que vous achetiez un indice, espérant qu’il soit le phare qui vous guidera dans la nuit de votre ignorance, alors que non. Ce cher Saul ne fait que vous révéler quelque chose que vous savez déjà. Heureusement, ces situations ne sont susceptibles que d’arriver rarement. Réflexion, patience et logique sont donc les armes qui vous aideront à venir à bout des vingt-quatre énigmes jonchant cette aventure tortueuse.

"...tout en évitant de se faire plomber par un barman sur les nerfs"

Un décor atypique

Red Johnson's Chronicles : One Against All, c’est aussi un jeu qui en a dans le ventre, avec sa propre identité. Sa propre ambiance. Celle-ci a les atours d’un polar au décor soigné, tant par les environnements que par les dialogues et les personnalités des divers protagonistes. Langage cru et expressions recherchées constituent ces dialogues de qualité qui ont bénéficié indubitablement d’un travail poussé. Mais les paroles ne font pas tout bien sûr. Elles sont épaulées d’un doublage n’ayant absolument rien à se reprocher, tout comme la synchronisation labiale. Décernons même une mention spéciale à un certain tenancier d’un bar crasseux, dont chaque phrase est une source d’éclats de rire. Enfin, le dernier pan de l’édifice consiste en des lieux à la fois insolites et glauques. Urinoirs reconvertis en appartement, rame de métro désaffectée comme quartier général, quartier jonché çà et là d’épaves de bateaux transformés en strip-club et autres, etc. Si le titre ne resplendit pas par ses graphismes, il a néanmoins tous les ingrédients pour former un point and click original, enveloppé dans une atmosphère remarquable.
Les Plus
  • Les décors, dialogues et personnalités
  • La bande-son collant à parfaitement aux situations
  • La difficulté au rendez-vous, et ce jusqu'à la fin
  • On en demande ecnore
  • Le générique au début du jeu, original et sympathique
Les Moins
  • Quelques textures peu reluisantes
  • Un scénario somme tout très classique qui dénote comparé aux autres qualités du jeu