Assassin's Creed Revelations : Ezio n'a pas dit son dernier mot

28 nov. 2011
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Assassin's Creed Revelations marque la fin d'une époque, celle d'Ezio Auditore da Firenze. Avec ce quatrième épisode, il est temps de rompre avec ce florentin haut en couleur que nous aurons accompagné pendant trois aventures, toutes fort attrayantes. Avec son lot de cinématiques tantôt impressionnantes, tantôt émouvantes, le dernier rejeton de la saga déçoit malgré tout du côté du scénario. En effet, on attendait un grand et bel hommage à Ezio et Altaïr, nous n'avons eu avec ce dernier que cinq missions, expédiées en à peine dix minutes chacune. Toutefois, l'ambiance de la série est bien au rendez-vous et, couplée avec un mode en ligne mieux intégré et plus complet, il sera difficile de dire non. Doté de surcroît d'idées intéressantes en termes de gameplay, le titre réussit encore une fois à nous hypnotiser du début à la fin. Et lorsque le générique s'achève, c'est avec un petit pincement au coeur que nous prononcerons solennellement : "Requiescat in pace, Ezio Auditore !"

Quatrième volet d'une série de plus en plus populaire et accomplie, Assassin's Creed Revelations vous propose de rempiler une troisième fois avec ce cher Ezio Auditore da Firenze. Les cheveux et la barbe grisonnantes, le visage marqué par le temps, c'est un Ezio sage, réfléchi, déterminé et bien loin du jeune homme impétueux qu'il était autrefois que vous incarnez ici. Parti pour un ultime voyage, ce dernier a quitté sa terre natale afin de retrouver les traces de son ancêtre Altaïr, légende incontestée des assassins. Laissez donc de côté l'Italie, et embarquez pour Constantinople, ville aux milles bazars, où l'ennui est mis au placard.

L'ancienne demeure d'Altaïr a bien changée en quelques siècles.

Le dernier périple d'Ezio

Avec la cinquantaine bien atteinte, Ezio n'est plus le même qu'à ses vingt ans. Souvenez-vous de son caractère à l'époque. Il avait beau être intrépide et dans la fleur de l'âge, il était cependant inconscient et effronté. Chose qu'il n'est plus, après toutes ces années de lutte contre les Templiers. Désormais, son combat le pousse à quitter l'Italie pour se rendre à Masyaf, ancien siège de l'Ordre des Assassins, abandonné quelques siècles auparavant. En quête de la bibliothèque du grand Altaïr, Ezio va devoir avant tout trouver les cinq clés permettant d'en ouvrir la porte. Disséminées aux quatre coins de l'illustre Constantinople, carrefour du Moyen-Orient et ville aux innombrables choses à faire, attendez-vous à arpenter de long en large un terrain de jeu vaste et fourmillant de détails en tout genre, en l'an 1511. Desmond Miles quant à lui, descendant d'Ezio, va devoir restructurer son esprit abîmé à force d'un usage trop intensif de l'Animus. Se retrouvant piégé dans ce dernier, Desmond doit donc accomplir les dernières séquences ADN le rattachant à son aïeul, au risque de n'être plus qu'un vulgaire programme dans l'Animus. En outre, notre assassin contemporain a cette fois-ci cinq petites missions qui lui sont dédiées, nous permettant d'en savoir plus sur son histoire, de sa jeunesse jusqu'à son enlèvement par Abstergo. Déblocables grâce à des petits bouts de séquences mémoires répartis un peu partout dans Constantinople, elles rappellent fortement un certain Portal. Effectivement, elles s'articulent autour de petits casses têtes, parfois corsés, parfois simples. Si les deux premières en rebuteront plus d'un de part leur redondance, les suivantes sont vraiment agréables et on apprend à mieux connaître Desmond, au gré des révélations dont il nous fait part.

Le crochet permet d'utiliser des tyroliennes. Très pratique pour se déplacer rapidement d'un toit à un autre.

Une vraie bombe côté gameplay

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'avec Assassin's Creed Revelations, vous en avez pour votre argent. Si certains éditeurs n'hésitent pas à nous resservir chaque année la même recette, Ubisoft se démarque en réutilisant le gameplay des autres épisodes certes, mais en l'approfondissant. Ainsi, ce quatrième volet est l'occasion de découvrir des nouveautés bien pensées, et fort sympathiques. Si certaines comme le crochet servent à fluidifier les phases d'escalade et de fuite, d'autres comme les bombes sont là pour proposer encore plus de possibilités lors des affrontements. Certaines visent à tuer, d'autres à faire diversion ou à immobiliser l'ennemi. Les ingrédients permettant de les réaliser sont légion et foisonnent sur les cadavres de gardes. A faible, moyenne ou grande portée, entravante, empoisonnante ou encore explosive, les combinaisons possibles sont multiples. Très utiles pour éliminer un groupe d'ennemi à distance et diablement efficaces, cet ajout au gameplay s'avère être très enrichissant. Enfin, dernière grosse nouveauté : les phases de Tower Defense. Quand vous êtres trop connu des templiers, votre repaire est attaqué. Se déclenche alors une séquence de Tower Defense où vous devez placer vos assassins pour repousser les vagues d'attaquants. Ces quelques phases tactiques viennent varier le gameplay déjà riche.

Que ce soit à l'aube ou à n'importe quel autre moment de la journée, Constantinople offre un panorama magnifique vue de très haut.

Une réalisation technique revue à la hausse

Même si les graphismes n'ont pas énormément changé depuis Brotherhood, ils restent plus qu'honnêtes et presque aucune mauvaise texture n'est à déclarer. Les cinématiques ont au contraire été très largement travaillées, au regard de la qualité d'image qu'elles proposent et de la finesse des détails. Les animations semblent aussi avoir reçu un petit coup de fouet. C'est exact, la mobilité des protagonistes parait plus souple et moins carrée qu'auparavant. Vous éprouvez ce sentiment tout particulièrement lors d'une manœuvre d'évitement s'effectuant à l'aide du crochet. Vous êtes en train de courir, un ennemi vous bloque la route et ni une ni deux, vous sortez le crochet, empoignez votre adversaire avec et passez par dessus lui. Cette action aussi rapide qu'utile illustre donc à merveille les progrès fait par les développeurs dans le cadre de l'animation des personnages. De plus, le titre comporte quelques phases d'actions dignes d'un blockbuster hollywoodien. Peu fréquentes, certaines se révèlent être d'une rare intensité pour la série. Très bien orchestrées, on en redemande encore ! Enfin, terminons par la bande son. Le doublage français est toujours d'aussi bonne facture. La voix d'Ezio, avec l'accent italien, colle à sa personnalité. Les musiques, souvent discrètes, sont néanmoins fidèles aux situations et sont très agréables. Puissantes ou lentes, entraînantes ou reposantes, aucune n'est lassante. Ainsi, c'est indubitable, les techniciens d'Ubisoft ont frappé fort en nous servant une réalisation technique admirable et très aboutie.

Assaut de reliques, un mode de jeu vraiment bien pensé et très prenant.

Plus on est d'assassins, plus on rit !

Comme les autres points du jeu évoqués plus haut, le multijoueur a également été peaufiné. Lors de la sortie d'Assassin's Creed : Brotherhood, le multijoueur avait été une très bonne surprise. Complet, fun, captivant et surtout fichtrement bien organisé, nombreux sont les joueurs à avoir passé des heures dessus. Celui de Revelations est encore meilleur. En proposant une progression scénarisée vous plongeant dans l'intimité des Templiers, l'équipe d'Ubisoft Annecy a réalisé un travail de maître. Nouveaux personnages, nouveaux types de parties, nouveaux atouts et un nombre de cartes plus élevé donnent un embellissement marqué du mode multijoueur. Les modes Deathmatch et Assaut de Reliques, jusqu'alors inconnus au bataillon, s'avèrent être très rafraîchissants. Effectivement, si le premier est sympathique mais sans plus (terrains de jeu réduits et pression peu élevée), le second est brillant d'ingéniosité. Assaut de Reliques vous demande de protéger un artefact tout en essayant de voler celui du camp adverse. Bien fichu et profitant de nouvelles cartes très agréables et étudiées pour vous permettre d'utiliser les nouveaux mouvements et gadgets, ce mode réveillera en vous l'esprit d'équipe puisqu'il vous faut élaborer une stratégie alliant défense et attaque. A côté de cela, la réduction évidente des temps d'attentes d'une partie est appréciable, devenus presque trop courts pour personnaliser votre profil, vos classes, zieuter ceux des autres joueurs, etc. En somme, en plus de cinématiques et de façons de jouer inédites, vous bénéficiez de crédits d'Abstergo récolté à la sueur de votre front, utilisables pour acheter toute sorte de choses.
Les Plus
  • Les missions avec Altaïr...
  • Les séquences dédiées à Desmond...
  • Les bombes à confectionner soi-même
  • Les phases de Tower Defense
  • Le mode en ligne, plus accompli que celui de son aîné
  • Une réalisation technique admirable
  • Les révélations des vingt dernières minutes
  • La multitude de choses à faire dans Constantinople
Les Moins
  • ...mais très courtes et peu nombreuses
  • ...même si les premières sont rébarbatives et en soi, peu captivantes
  • Un scénario qui aurait eu le mérite d'être plus approfondi
  • La dernière aventure d'Ezio
  • La carte, trop chargée et pas très lisible