Test | Super Monkey Ball 3D perd la boule
06 avr. 2011

Testé par sur
Super Monkey Ball 3D
  • Éditeur SEGA
  • Développeur SEGA
  • Sortie initiale 25 mars 2011
  • Genre Arcade

Apparu il y a plus de 10 ans sur borne d'arcade, Super Monkey Ball poursuit son petit bonhomme de chemin. Après s'être concentré sur iPhone, iPad et Wii, la saga revient sur consoles portables avec Super Monkey Ball 3D. Un épisode qui compte marquer sa différence avec l'apport de la 3D, mais aussi grâce à deux nouveaux modes de jeu. Un choix qui, comme nous allons le voir, se révèle être terriblement maladroit.

Mieux vaut être seul que mal accompagné

Avant de nous attarder sur la technique de Super Monkey Ball 3D, rappelons le concept de la franchise. Un principe on ne peut plus simple : vous bougez un plateau pour diriger une boule renfermant un singe, dans le but de lui faire passer une ligne d'arrivée le plus vite possible tout en prenant soin de récupérer un maximum de bananes sur votre chemin. Un challenge à la fois simple et addictif et qui, dans le cas présent, se voit être rejoint par deux autres modes de jeu. Le premier, sobrement intitulé Courses de Singes, est un sorte de Mario Kart light. Ainsi, vous vous retrouvez aux commandes d'un kart et passez des portes pour récupérer des objets à utiliser contre vos adversaires. Seulement voilà, la mayonnaise ne prend pas, la faute à des courses manquant grandement d'inspiration et à un gameplay bâclé. On reproche surtout la gestion calamiteuse des dérapages (faisant office de boosts) couplée à une caméra capricieuse. Autant vous dire que les sensations sont plus proches du calvaire que du plaisir. La troisième épreuve trouve quant à elle son inspiration dans Super Smash Bros.. En effet, vous vous retrouvez à vous bastonner entre singes en scrolling de côté. Le but de tout cela : amasser le plus de bananes avant la fin du temps imparti, la difficulté résidant dans le fait que chaque coup encaissé vous fait perdre les précieux fruits (que vos adversaires peuvent alors récupérer). Très simpliste et bénéficiant d'une jouabilité assez approximative, ce mode de jeu se révèle à peine plus intéressant que celui précédemment évoqué.

Sûrement pas une vitrine pour la 3DS

Technquement, le jeu n'impressionne pas, même pour un jeu du line-up de la 3DS.

Côté réalisation, le bilan est très mitigé. Si Super Monkey Ball 3D n'est pas véritablement beau en soi compte tenu des capacités de la 3DS, il semble surtout pâtir d'un défaut propre au support : l'impossibilité de bouger la console en activant la 3D. De ce fait, il est tout bonnement inconcevable de jouer avec la 3D et la fonction gyroscopique de la console activées. Nous vous conseillons (car c'est en réalité indispensable) de jouer au mode principal soit en 2D avec le gyroscope, soit en 3D avec le stick. Dommage. D'ailleurs, on ne peut s'empêcher de penser que c'est pour cela que le studio à intégrer deux modes de jeux annexes qui ne nécessitent aucunement l'activation de cette fonction et mettent donc en avant l'utilisation de la 3D. Une 3D qui n'est pas totalement convaincante. Poussée au maximum, celle-ci bénéficie d'un effet de profondeur trop prononcé qui, couplé au rythme de jeu du mode original, se révèle assez désagréable. Les yeux ont du mal à faire la focale et il est vivement conseillé d'atténuer l'effet de profondeur. En ce qui concerne le contenu, le titre de SEGA est là encore bancale. Bien que, pris un à un, les niveaux bénéficient d'un contenu sympathique (on pense surtout aux défis originaux et aux courses), la durée de vie reste minime. Ainsi, comptez quelques très courtes heures pour venir à bouts de la dizaine de monde, de la dizaine de courses et des quelques arènes proposés. Bien sûr, les plus courageux pourront tout de même s'essayer à des épreuves annexes telles que du contre-la-montre, ou au mode multijoueur jouable uniquement en local.
Les Plus
  • Le concept original toujours plus ou moins sympa
  • Le contenu relativement conséquent (si on prend en compte l'intégralité des épreuves du moins)
Les Moins
  • L'impossibilité d'activer le gryroscope en jouant en 3D, compte tenu du rythme de jeu (défaut propre à la console)
  • Le concept original qui commence quand même à s'essouffler au fil des ans
  • Les courses catastrophiques
  • Le mode à la Smash Bros., à peine mieux
  • Le prix exorbitant
Résultat

Quelle déception que ce Super Monkey Ball ! Si on pouvait penser qu'adapter cette franchise sur 3DS était une bonne idée, Super Monkey Ball 3D met surtout en exergue l'un des plus gros soucis de la console, à savoir l'impossibilité de bouger celle-ci en activant la 3D. De ce fait, il paraissait difficile pour SEGA de transformer l'essai, et ce dès le départ. En incluant deux modes annexes, le titre rabaisse la qualité globale de la franchise – qui n'avait pas vraiment besoin de ça – plus qu'autre chose. En effet, si des bastons entre singes et des courses de karts auraient pu s'avérer intéressantes, celles-ci sont bien trop bâclées pour en tirer un quelconque plaisir. Reste alors le mode classique de Super Monkey Ball qui, au final, reste le point fort du jeu. Quand on sait que les versions iPhone sont vendus une misère, on voit mal comment conseiller ce Super Monkey Ball 3D au prix avoisinant les 45 euros.

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