Test | Modern Warfare 2 : plus de bruit, ça tourne.
10 déc. 2009

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Call of Duty : Modern Warfare 2

Si vous n'avez pas entendu parler de Modern Warfare 2 durant ces dernières semaines sachez qu'il n'y a que deux raisons possibles. Vous n'auriez pas dû déménager sur la banquise ni revendre tous vos appareils de communication (Tamtam y compris). En effet, la monstrueuse machine lancée par le service marketing de l'éditeur a fait plus que son travail. Un buzz croissant, et ce depuis fort longtemps, augmente la pression devant les étals des vendeurs contraints de vendre avant la date fixée toujours par ce vil éditeur. Mais et le jeu dans tout ça ? Quelques trailers qui semblent tirés de films d'action suffisent à rendre le monde fou ? Sommes nous face à un blockbuster ou un bon jeu ? Car après tout, Call of Duty 6 n'est que la suite d'un FPS ultra scripté dont la série commence à dater. Seulement l'expérience joue sa carte et nous sommes face à un épisode des plus matures et réussis.

Format hollywoodien

Comme dit précédemment, Call of Duty 6 est dans la lignée de ses prédécesseurs. De ce fait il n'a à vous offrir que du sang, des scripts et de la fureur. Du sang surtout car cet épisode est très mature. Son scénario, tordu à souhait, vous place quelques frissons du côté de la colonne vertébrale car même s'il est énorme quelques uns de ses aspects sont probables. L'un d'eux vous place même au milieu d'un massacre de civils. C'est très étrange, mais aussi intéressant, d'être pour une fois de ce côté de la barrière. Notez que cette scène peut être sautée : cela vous est demandé au début du jeu. En tous cas sachez que pour démêler les intrigues liées au contexte géo-politique du jeu vous devez combattre à traver le monde en incarnant plusieurs personnages. Cela signifie que vous combattez des tréfonds de la sibérie jusqu'au Capitole américain en passant par les favelas brésiliennes. Vous visitez même occasionnellement le fond de la mer lorsque vous êtes déposé par un sous-marin. C'est tout autant d'environnements graphiques de haute qualité que vous visitez. Composez avec les éléments aussi car vos styles de combats diffèrent selon le lieu et le personnage incarné. Au passage l'arsenal est on ne peut plus complet. Vous avez de quoi faire pour décimer une IA pas réellement intelligente mais qui a le mérite de savoir viser, parfois à travers les murs, et de tenter quelques contournements. Les combats sont chauds, vous en bavez tout du long et c'est bien là l'essentiel.

Une montagne d'action

La différence des environnements traversés en fait oublier que ... ce n'est qu'un FPS.

Vous pratiquez au cours de cet épisode le combat urbain dit "classique". Lors de l'invasion de votre pays récupérez des positions telles que des restaurants, ou des maisons de particuliers. Couvrez-les ensuite en snipant ou en arrosant allègrement à la 7.62. Mais aussi vous pouvez par exemple utiliser un drone de combat lorsque cela devient nécessaire. Pointez aussi vos cibles à l'aide d'un rayon laser afin d'indiquer à votre blindé lesquelles ruiner en priorité. Vous comprenez que dans cette phase l'électronique de l'armement actuel a sa place. Vous incarnez aussi un gentil et discret sniper. Avec votre binôme vous jugez bon parfois d'attendre plutôt que d'entrer dans le tas des patrouilles que vous rencontrez. Leur mission fétiche se situe au milieu d'une tempête de neige. N'y voyant pas à trois pas vous utilisez un détecteur cardiaque pour situer, et éviter, vos ennemis. Encore une fois extraction en moto neige et explosions en cascade sont au rendez-vous. Mais retenez plutôt de ces scènes la coordination dont vous devez faire preuve pour mener à bien votre mission. L'autre style prédominant de combat est celui d'une troupe d'assaut. Tous les moyens sont à votre disposition : sous marins, hélicoptères, explosifs... Vous pensez donner libre-cours à votre sauvagerie alors qu'au final vous suivez un couloir d'où apparaissent les ennemis. Les développeurs vous le font oublier en cassant souvent le rythme des assauts. Par exemple vous devez parfois vous introduire dans certaines pièces bourrées d'explosifs – généralement celles où sont les otages – à grand renfort de ralenti façon bullet-time. Seulement votre réussite est basée sur vos échecs : vous recommencez les intrusions manquées, les ennemis sont à la même place alors vous savez à l'avance ce que vous devez faire.

Au delà des frontières

Votre équipe bénéficie d'une logistique lourde ... comme vos armes.

L'armement se récupère sur le corps de vos ennemis. Vous pouvez prendre à la fois deux armes, quelles qu'elles soient. Elles vont du glock au missile stinger en passant par l'AK47. Elle-même est déclinée sous une forme à lunette, à visée laser, etc... Il en est de même pour beaucoup d'armes et cela donne parfois des mélanges intéressants tels qu'une mitrailleuse à lunette : 400 coups précis à la suite sans recharger. Parenthèse chauvine : le FAMAS est peu représenté mais son utilisation est agréable. Tout est donc fait pour que vous profitiez à fond de cette expérience à la limite cinématographique, tellement les scripts donnent un rythme haletant aux missions. Celles ci sont généralement courtes (45 min) ce qui renforce la nervosité du scénario. Après seulement 5 heures de jeu, et une fin mémorable, vous pouvez accomplir les 25 missions du mode "Spec Ops". Ces missions sont conçues pour un mode coopératif à deux joueurs en écran splité. Leurs objectifs sont souvent de tenir une position le plus longtemps possible, mais les extractions violentes sont aussi au menu. Vient après ces apéritifs – consistants – un mode multi-joueur somptueux, toujours basé sur le système de gain d'expérience. A vous lors des combats de choisir aussi vos récompenses sous la forme de déploiement de tourelle, de lancé de bombe nucléaire ou de renfort d'hélicoptère de combat. Les cartes sont bien pensées, à la bonne taille et devinez quoi ? Les serveurs ne désemplissent pas. Un joueur néophyte y trouve sa place, celle qui permet de continuer cet excellent solo mais bien trop court.
Les Plus
  • De l'action sans cesse
  • Un vaste choix d'armement
  • Un scénario tordu mais quasi-réaliste
  • Des graphismes magnifiques sur PS3
  • Un multijoueur exceptionnel
Les Moins
  • Comme tout bon film : trop court
  • Parfois la pression est mise en vain
  • Quelques clichés hollywoodiens un tantinet lourdingues
Résultat

Call of Duty 6 est bien le blockbuster de ce Noël 2009. Et ce ne serait ce que pour sa courte mais très intense campagne solo. Elle n'innove pas de manière artistique car ses graphismes cherchent à retranscrire le plus fidèlement possible la réalité. Les scripts sont une système de jeu très connu mais ici ils s'enchaînent parfaitement pour ne jamais laisser tomber le joueur dans l'ennui. C'est donc une expérience vidéoludique à ne pas rater pour peu que vous aimiez les FPS violents et en prendre plein les yeux. Mais les oreilles aussi car le tout est desservi par une bande créée par Hans Zimmer (Pirates des Caraïbes notamment) et force est de constater qu'elle colle parfaitement aux scènes que vous traversez sans pour autant tomber dans la démesure.

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