Test | Wolfenstein, gros calibre et visée tactique
27 sept. 2009

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Wolfenstein

Wolfenstein 3D, vous connaissez ? C'est un pionnier du jeu vidéo. Inventeur du FPS, provoquant déjà à l'époque des remous médiatiques. La raison ? Des portraits de Hitler partout sur les murs du château que vous deviez nettoyer d'une horde de nazis. Nintendo n'en a eu que faire dans sa version SNES, forçant ID Software à effacer tout signe rappelant le IIIème Reich et à transformer les bergers allemands en énormes rats. Cet épisode éloigna les génies créateurs de Doom du monde des consoles. Seulement les années passent. Les licences se cèdent et les points de vue changent. Aujourd'hui Raven, qui a déjà manqué Quake IV a la lourde de tâche de donner une suite digne de Return to Castle Wolfenstein. Une seconde chance ne doit pas se manquer.

Un peu d'histoire

Vous incarnez J. Blazkowicz, espion durant la Seconde Guerre Mondiale et héros de la série Wolfenstein. Votre mission, anodine en apparence, devient vite de taille. Les nazis veulent exploiter une source d'énergie nommée le soleil noir. Pour ce faire il faut passer un portail et se rendre à mi chemin entre notre dimension et une autre peuplée d'êtres tordus et cruels. Ses pouvoirs confèrent d'étranges capacités, détaillés plus loin, à qui possède certains cristaux. L'histoire du jeu, qui se termine sur un combat épique contre Hans Grosse*, développe au fur et à mesure l'importance de cette source d'énergie. Vous vous en doutiez peut être mais Wolfenstein n'est pas un grand roman aux rebondissements alambiqués : voici qui est confirmé. Seulement à partir du moment où vous prenez arme en main vous voila parti pour plus d'une douzaine d'heures sans quasiment aucune réflexion. Voici pourquoi.

*Boss de Wolfenstein 3D

Outillage

Cette mitraillette de base devient vite une arme puissante et équilibrée.

Wolfenstein ne propose pas une myriade d'armes toutes plus futuristes les unes que les autres : seulement 8 sont disponibles au total. Un fusil de sniper, deux automatiques, deux fusils électriques, un lance-flamme, un lance-roquette et un "leichenfaust 44" (atomiseur). Les développeurs ont privilégié l'armurerie dite standard des Doom-Like, jusqu'à presque reprendre le BFG 9000 et calquer totalement le MP43 du précédent Return to Castle Wolfenstein. Mais ce n'est pas tout. Chaque arme dispose d'évolutions que vous achetez au marché noir. Même si vous faites améliorer les pièces basiques, vous ne pouvez toutes les avoir sous leur forme maximale. Un choix est alors à opérer. Préférez vous un MP 40 hyper silencieux et stable dans sa forme gros calibre ? Etes vous plutôt du genre à aimer les lance roquettes dans leur version légère équipée de têtes à fragmentation ? Les grenades déclenchent de belles déflagrations. De plus celles envoyées par vos ennemis peuvent leur être renvoyées. Même si l'armement choisi en fonction de vos évolutions ne révolutionne fondamentalement pas les niveaux traversés il permet de modifier le gameplay qui devient "votre" gameplay.

L'utilisation de la force : le "Voile"

Le mode Voile permet de distinguer parfaitement les ennemis dans le noir.

Disposant d'un médaillon Thule utilisant la force du soleil noir vous pouvez évoluer entre les dimensions. Alors s'applique un effet graphique que l'on peut comparer à celui du Seigneur des Anneaux, lorsque Frodon passe à son doigt le Précieux. Ou plus à Constantine, lorsqu'il va en enfer. C'est globalement assez joli et très jouable. Cet état justement vous permet de voir dans le décor des passages invisibles à l'oeil nu. Les cristaux amassés en cours de route vous permettent de développer 3 autres pouvoirs cumulables entre eux. Le premier permet de ralentir les ennemis. Ses évolutions ralentissent de plus en plus le temps jusqu'à quasiment le stopper. Le second est un bouclier, de plus en plus puissant il en rejette même les balles sur vos ennemis. Le troisième, nouf-nouf, ou autrement appelé "Ultra-puissance". Mode Bersek par excellence il donne une impression de puissance ultime. Encore une fois à vous de développer ces pouvoirs dans l'ordre qu'il vous plaît. Les évolutions se débloquent en trouvant des livres de pouvoir dans des cachettes disséminées de par les niveaux. La puissance nécessaire à l'utilisation du Voile se trouve sous la forme de gisement assez fréquents mais parfois délicats à déceler. Reste aussi certains barils de puissance que laissent trainer vos ennemis. A utiliser comme explosif en dernier recours.

De solides références.

Votre terrain de jeu : la situation est déjà bien avancée.

Non content d'être un pilier du jeu vidéo Wolfenstein reprend les bases de tous ses congénères, du moins ce qui a fait leur succès. Parfois vous avez l'impression de combattre des IMP de Doom. Le Level-Design rappelle certains passages de Quake premier du nom. Les passages en villes rappellent furieusement Medal of Honor. Attention cependant, Wolfenstein a une forte identité toute droit tirée du précédent volet. Rechercher des zones secrètes, des fiches de renseignements ou des sacs d'or obligent à explorer pleinement ce monde glauque et détaillé. Ce monde justement laisse parler la puissance de la PS3 offrant une qualité de texture et modélisation digne des meilleurs PC. Glisser alors quelques touches de futurisme, ou de science-fiction, améliore cet univers vous laissant alors imaginer le pire devant vous. Les nombreux boss rappellent aussi tout un côté arcade cher aux joueurs qui sont eux aussi d'une autre époque.

Des défauts tout de même

Que diantre font ces soldats ?

L'IA est clairement le point faible du jeu. Le plus souvent les ennemis de bases viennent tout bêtement se coller à votre fusil. D'autres restent bêtement bloqués sur un élément de décor? C'est très dommage. Vos décès restent tout de même assez limités. Lorsque vous êtes blessé il suffit de vous cacher quelques secondes pour restaurer votre énergie. Les points de sauvegarde réguliers en enlève aussi à la difficulté du jeu puisque vous ne rencontrez jamais une phase de 20 minutes au bout de laquelle une balle dans la tête vous donnerait envie de tout stopper. Le chemin tracé grâce à la boussole, calée sur vos objectifs, enlève toute recherche de chemin. Tout ça rend parfois le jeu trop simple, et surement très linéaire. Malgré tout, la durée de vie du jeu reste tout à fait correct et cette facilité n'atteint que peu le plaisir de jouer.

Les ennemis ?

Les ennemis sont des légumes, pas étonnant vu dans quoi ils poussent

Pour persévérer dans le mélange des genres mais dans le respect des traditions la puissance des ennemis monte crescendo. Vous rencontrez bien évidemment des soldats nazis, qui vous permettent d'acquérir vos premières armes. Plus loin le lance flamme vous est confié, à la condition que vous sachiez éliminer son porteur. Mais la surprise vient des quelques créatures issues des expérimentations allemandes. Ainsi le "protecteur" se déplace à la vitesse de Steeve Austin, entourant les soldats nazis d'un voile protecteur inviolable (sauf grâce à l'ultra-puissance). Les "furies" armées de fouets électriques ont elles aussi une vitesse accrues et vous tournent autour : à vous rendre fou. Les "super-soldats" vous envoient des charges électriques dévastatrices jusqu'à ce que vous parveniez à viser avec précision les trois bonbonnes d'énergie situées dans leur dos. Par contre trois d'entre eux se sont bloqués dans un mur durant notre campagne solo. Enfin les "assassins", qui restent rares, vous tournent autour en apparaissant et disparaissant, accompagnant leurs mouvements de gentille petites phrases angoissantes. A chaque ennemi son arme, sa méthode et son pouvoir, vous devez jongler en permanence pour survivre. De temps à autres, le côté arcade ressurgit en vous faisant affronter de pseudo boss, qui sont en fait grosses créatures expérimentales. Tantôt vous guiderez l'une vers des piliers pour qu'elles puissent les exploser, tantôt vous exploserez les oeufs d'une araignée géante... Des boss accessibles quoiqu'il en soit, juste ce qu'il faut pour conserver le plaisir sans décourager.
Les Plus
  • Le mélange 2nde Guerre / forces occultes donne un univers intéressant.
  • Evolution personnalisée des armes et pouvoirs
  • Le Voile donne une seconde dimension aux niveaux
  • Certains passages sont nerveux, très nerveux
Les Moins
  • Jeu linéaire
  • Sauvegardes trop fréquentes
  • Système d'énergie trop généreux
  • Ennemis stupides
Résultat

En conclusion, Wolfenstein fait partie de ces jeux qui font leur travail. Certes il est linéaire et les ennemis rencontrés sont bêtes. Seulement les bases du FPS sont respectées. Alors, arme au poing, vous traversez les niveaux. Le côté arcade mélangé à ce bon parfum de nostalgie vous met à l'aise, accentuant encore l'envie de continuer. Une fois l'aventure terminée, il faut la reprendre car les zones secrètes et les bonus n'ont pas tous été trouvés la première fois. Ou encore pour modifier différemment les armes. Mais peut être seulement pour augmenter le niveau de difficulté ? C'est pour tout cela que la note attribuée est une note "Rhaaaaa / lovely", totalement partiale et donc maximale.

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