Prince of Persia : l'hymne à l'amour

26 janv. 2009
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Il est des jeux qui échappent au décorticage ennuyeux, qui font voler en éclat les repères techniques pour ne laisser place qu'à l'émotion, basique et pure. Jouer et aimer, c'est simplement ce que vous propose Prince of Persia. Un retour plus proche d'une renaissance, des retrouvailles qui ne débutent pourtant pas si bien. Attention, voici le test romantique des nouvelles aventures d'un héros aussi prince que je suis roi. Qu'importe le titre, pourvu que l'expérience enivre !

Les glissades grâce au gantelet font toujours leur petit effet.

Vous nous avez manqué

Mes premiers pas dans ce Prince of Persia ne sont pas des plus encourageants : Qui suis-je ? Où suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j'erre ? Les repères sont à ce point ridicules - n'espérez d'ailleurs pas de liens avec les précédents volets - qu'il faut se concentrer sur le basique, à savoir les commandes. Logique mais pas très excitant. Quoique, glisser le long d'une falaise, griffer les parois pour aller plus loin - et plus haut - ça a de quoi susciter l'intérêt même des moins sportifs. Le Prince bondi et rebondi un peu partout et il faut bien l'avouer, c'est très réjouissant, même s'il est loin d'avoir la grâce de Miss Croft. Ah, j'allais oublier un détail : le Prince n'est pas un Prince. Ce que le début de l'aventure veut bien révéler, c'est simplement qu'il recherche avec insistance une certaine Farah... Si ça vous rappelle quelqu'un, c'est normal. Mais vous risquez d'être surpris ! Bref, le Prince qui n'en est pas un s'agite dans le désert. La caméra le suit - et vous aussi - un peu hésitante parfois mais la progression apparait vite très aérienne. Dommage qu'un premier combat vienne atténuer ce sentiment de liberté.

Sur un plan purement ludique, les combats se révèlent être la partie du jeu la moins excitante.

Combats bas

Que le plus gros - et presque unique - défaut du jeu déboule quasiment au début de l'aventure, ce n'est pas plus mal. Vous êtes prévenu rapidement, voila qui doit logiquement vous permettre de vous y faire. Au cours des combats, la caméra se bloque sur l'action et vous ne pouvez plus la contrôler. Adieu la liberté de mouvements. Après, tout est question de coordination, et d'agilité des doigts pour exécuter les différentes combos possibles. En pratique, c'est surtout du bourrinage de bouton en règle. Vos ennemis, boss ou non, ayant la capacité de se régénérer, vous devez être rapide. Sinon, ça s'éternise : bâillement, mal de pouces, jurons en tous genre... Bref, un mini-calvaire qui vous ferait presque oublier l'intérêt général du jeu. Et comme vous ne pouvez pas mourir - un parti pris surprenant au départ mais qui révèle vite son intérêt et sa... magie -, lorsqu'un combat débute vous êtes condamné à le remporter avant que l'ennui s'en mêle. Heureusement, Elika est là.

Le Prince et Elika veillent constamment l'un sur l'autre et c'est de là que nait votre émotion.

Elika for ever

Ubisoft a beaucoup axé la promotion du jeu autour du mystérieux personnage d'Elika. Et pour cause, c'est probablement l'atout majeur de Prince of Persia. Cette princesse qui en est vraiment une accompagne le - faux - Prince, le guide, le protège... Mais le nargue aussi, le bouscule souvent (la subtilité des dialogues est à saluer). Cette relation est magique, enivrante, et donne tout son sens à votre propre progression dans l'aventure. Elika décuple les capacités physiques du Prince, lui confère de nouveaux pouvoirs très bien pensés, de quoi élargir considérablement son terrain d'action. Elle lui permet également de dévoiler des bribes de son passé, touche par touche, avec une parcimonie magnifique. Mais Elika lui offre surtout un but, une boussole dans le brouillard, une lueur dans les ténèbres. Nulle doute que le Prince la suivrait au bout du monde. Et même au delà... Les développeurs ont fait preuve d'un travail absolument remarquable pour mettre en place cette relation, cette coordination unique qui vous laissera à coup sûr des traces dans la partie "souvenirs mémorables" de votre cerveau de joueur.
Les Plus
  • Elika et l'émotion qu'elle apporte à la progression
  • La sensation de liberté
  • Les environnements somptueux
  • Un "final" magnifique (si vous pleurez, c'est normal)
  • Des pouvoirs spéciaux ludiquement au top
Les Moins
  • Des combats ennuyeux
Résultat

Malgré un début un poil laborieux, des combats ennuyeux, et quelques redites, Prince of Persia est un véritable petit bijou. Ce jeu fait preuve d'une vivacité artistique admirable, aussi bien dans ses environnements que dans son ambiance. Cette interprétation de l'univers des Mille et Une Nuits le rend tout à fait unique. Mais c'est surtout le duo Prince/Elika qui fait merveille. Rares sont les jeux qui parviennent à ce niveau de subtilité et d'émotions dans la relation entre les personnages principaux. Cela apporte à la fois une vraie profondeur au scénario mais également une mise en relief très efficace du gameplay. L'équipe d'Ubisoft Montréal livre ici un travail absolument remarquable. Voila qui pose on ne peut mieux les fondations d'une trilogie dont la suite ne peut être attendue qu'avec impatience. Vivement !