Hulk, l'incroyable déception

09 juil. 2008
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Il ne suffit pas d'être gigantesque et très en colère pour s'imposer : même si L'incroyable Hulk profite d'une sortie ciné et d'une puissance appréciable, le jeu sombre dans les travers de la licence trop vite développée. Réalisation miteuse, problèmes de caméra, scénario incompréhensible, missions inintéressantes : passé le plaisir de tout détruire, il ne reste pas grand chose. La preuve douloureuse que le force ne fait pas tout : il faut un minimum d'intelligence aussi.

Le Géant vert vous a manqué ? Ça tombe bien, il revient dans une aventure inédite au cinéma et en jeu vidéo. Le principe reste le même avec un Bruce Banner faiblard poursuivi par de méchants commandos, et une transformation en Hulk qui lui confère une force de titan. Un bon prétexte pour tout réduire en purée, qu'il s'agisse des bâtiments, des voitures, des bus, des piétons ou des idiots armés de mitrailleuses et autres joyeusetés, infâmes punaises à écraser négligemment. L'incroyable Hulk bête et drôle, mais il l'aurait été encore plus avec une réalisation à la hauteur des consoles nouvelle génération.

Grimper aux immeubles façon Rampage est un jeu d'enfant.

Incompréhensible mais brutal

Vous ne connaissez pas Hulk ? Dommage ! Ne comptez pas sur le jeu pour vous expliquer qui il est. Le scénario, expliqué avec le moteur du jeu, souffre d'ellipses incroyables. Vous commencez dans un entrepôt, vous continuez à New York, vous affrontez des militaires, puis des milices, et vous ne comprenez strictement rien à l'histoire. En même temps, la modélisation catastrophique des acteurs (Edward Norton est méconnaissable) et les doublages en français dignes d'une sitcom ne vous encouragent guère à tout suivre. Reste l'essentiel : le jeu en lui-même, c'est-à-dire les bastons. Les coups sont faciles à enchaîner et les possibilités assez réduites au début. Vous pouvez tout exploser (souvent par simple contact), faire des sauts de Marsupilami, attraper un soldat ou une voiture, taper un piéton que vous avez attrapé, jeter un bus au loin ou vous abriter derrière pour éviter les rafales de mitrailleuse. C'est simple, hélas déjà vu et revu, mais avec un système d'améliorations et de pouvoirs comme la régénération, à activer avec la croix directionnelle.

Un des grands plaisirs du jeu : le lancer de voitures.

New York, un bac à sable

Passée la première mission assez tristounette, un tutoriel déguisé, vous débarquez à New York. Première bonne surprise : vous êtes libre de vos mouvements. Les piétons déambulent tranquillement, nullement gênés par votre monstrueuse apparence. Les voitures klaxonnent pour vous faire dégager de la route. Vous créez un embouteillage de taxis... Deuxième bonne surprise : en trois secondes montre en main, la grande ville paisible se transforme vraiment en champ de bataille. Tapez un taxi et il explose. Les piétons hurlent et fuient. Vous en attrapez un, vous le balancez à travers une vitrine. Vous attrapez un bus, vous vous entraînez au lancer... Bête mais rigolo. Hulk est très fort côté sauts également, ce qui vous permet d'escalader les façades très facilement en vous accrochant n'importe où puis en faisant des bonds de crapaud pour rejoindre les sommets. Pratique. Après, il est temps de suivre la petite flèche qui vous indique la zone à atteindre. Une cinématique démarre. Aussitôt suivie d'une mission.

La caméra est souvent à la rue, avec des ennemis hors champ.

Répétitif et ennuyeux

Problème : toutes les missions se ressemblent. Il faut tuer tous les ennemis présents dans une zone. Protéger un civil. Passer des points de contrôle. Du réchauffé, sans imagination. En cas d'échec, vous recommencez la même mission. New York a beau être une ville ouverte, la trame est très dirigiste. Autre soucis : l'histoire incompréhensible et finalement inintéressante rend la succession de missions vraiment lassante. C'est toujours pareil. Et des problèmes de caméra, à recaler avec le stick droit, rendent les combats brouillons. Il faut cibler les ennemis pour voir qui cogner : ils restent presque toujours hors champ. Mais le pire, c'est que L'incroyable Hulk est incroyablement laid. Aliasing, textures moches, modélisations à la hache (immeubles, voitures, hélicoptères, ennemis...) : le jeu ressemble à la conversion d'un titre PlayStation 2 sur console nouvelle génération. Autant dire que dans le domaine des jeux d'action, où la concurrence est rude et où quelques méga hits ont placé la barre très haut, le Géant vert tourne au vert très pâle. Sa puissance de frappe ne suffit pas. Sa violence non plus.
Les Plus
  • Un jeu bourrin et défoulant
Les Moins
  • Une réalisation honteuse pour de la next gen
  • Des missions répétitives, vues et revues
  • Des problèmes de caméra