Scratches : histoire d'horreur(s) en devenir

03 août 2005
Rédigé par
Prévu sur

En anglais, le mot "scratch" équivaut - entre autres - à une entaille de la peau plus ou moins légère pouvant aller de la simple égratignure à la balafre, en passant par l’écorchure et ses dérivés. Bref, c’est un mot qui ne présage pas vraiment des situations amicales. Ça tombe bien puisque Scratches est tout sauf un jeu d’aventure bon enfant. Preview d’un point’n’click contondant.

Manoir tout confort cherche propriétaire

Manoir, mon beau manoir

Michael Arthate est un écrivain a succès qui a beaucoup d’argent. Si bien qu’acheter une vaste demeure victorienne dans le nord de l’Angleterre ne lui pose aucun problème financier. Il y sera au calme pour écrire la suite très attendue de son premier best-seller. En tous cas, c’est ce qu’il croyait lorsqu’il a emménagé dans cette propriété. Le fait qu’il n’y ait pas d’électricité à son arrivée ne l'a pas inquiété plus que ça. Après tout, ce n’est pas un bâtiment tout jeune. D’ailleurs, ces vieux murs ont dû en voir défiler des occupants. Les derniers en date, les Blackwood, ont beau s’y être entretuer, ça n’en fait pas moins un endroit idéal pour s’isoler et écrire. Les évènements mystérieux qui s’y sont déroulés se chargent d’éloigner les gêneurs. Evidemment, tous ces détails sordides et plus ou moins tombés aux oubliettes ont échappé à Michael. Si bien qu’il prend possession des lieux en totale confiance. Est-ce utile de préciser que ce passé morbide va rapidement le rattraper ?

Il y a longtemps qu'ils n'ont pas été arrosés...

Dépaysement non assuré

Scratches se positionne d’emblée comme un point’n’click tout ce qu’il y a de plus classique avec son lot de clés à récupérer, de livres-notes-journaux à consulter, de puzzles à reconstituer et d’énigmes à élucider. Cette version preview présente le tout début de l’aventure, soit l’arrivée du héros sur les lieux. La circulation dans le manoir est limitée au rez de chaussée - et les environs ne sont pas accessibles - mais permet déjà d’observer l’interface : rotation panoramique en 3D fluide et naturelle, identique à celle que l’on peut rencontrer dans un Myst III par exemple. Aux niveaux des interactions, le curseur de la souris change de forme en fonction des actions réalisables (examiner, saisir, marcher, etc.). Rien ici ne viendra chambouler nos habitudes.

"Scratch" fait la noisette entre les dents de l'écureuil

Chenille deviendra papillon ?

Question progression, même si cette preview ne donne accès qu’à une toute petite partie de l’aventure, on devine rapidement que les allers et retours seront légion, que, même si on s’en serait facilement passé, l’habituelle linéarité du genre sera au rendez-vous (les actions sont à réaliser dans un ordre bien précis pour faire progresser le scénario) et que l’ambiance sera oppressante. Et pas seulement à cause du scénario. Graphiquement, si elle est composée avec une certaine élégance, la base de Scratches reste encore assez terne et manque d’empreinte visuelle marquante (loin de ce qu'avait laissé présager le trailer). Cependant, les développeurs insistent sur le fait que de nombreux détails et éléments graphiques restent encore à améliorer pour la version finale. Espérons qu’il en sera de même pour les sources lumineuses (pas très convaincantes) ainsi que les animations des décors (tristement statiques).

Un peu d'humour ça ne fait jamais de mal

Un fond plus solide

Si techniquement, Scratches est encore assez limité et sans surprises, on y devine par contre un soucis du détail intéressant concernant le développement de l’intrigue. Et même s’il sous-entend des actions qui ne sont pas forcément intuitives (dans ce passage, il est nécessaire de décrocher plusieurs fois le téléphone pour faire avancer l’histoire par exemple), c’est déjà un point essentiel pour un jeu d’aventure accrocheur. Pour renforcer cet aspect, les développeurs précisent d’ailleurs que le héros du jeu interviendra régulièrement en faisant des commentaires sur son environnement. A ce stade, on trouve déjà quelques répliques amusantes lorsqu’on persiste à essayer d’ouvrir un tiroir ou une porte bloqués pour les besoins de cette version bridée.

A moins d'être un vampire, ce n'est pas normal

En attente d'améliorations

En l’état, il manque à Scratches des éléments trop importants pour en faire un jeu d’aventure prometteur : une identité visuelle forte, des environnements suffisamment vivants et accrocheurs qui invitent à l’exploration, une empreinte sonore en rapport avec cette ambiance oppressante, des interactions avec les décors qui ne se limitent pas à observer des peintures sur les murs... Cela dit, il faut souligner que cette version preview était très limitée et ne proposait aucune véritable énigme digne de ce nom, ce qui est tout de même l’intérêt principal du genre. En tous cas, sa fin intriguante (un fondu au noir sur l’escalier qui descend à la cave) aura au moins réussi à nous... intriguer : on aimerait bien savoir quelles joyeusetés Michael va bien pouvoir découvrir dans ce sous-sol obscure. Reste à attendre les améliorations promises par les développeurs qui permettront peut-être de donner plus de corps à l’ensemble.