Race Driver : GRID prend la bonne trajectoire

24 juin 2008
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Pour Race Driver : GRID, la conversion est une franche réussite. Malgré un côté arcade un peu trop accommodant et l’absence d’une personnalité vraiment marquée, le titre se montre digne de ses prédécesseurs et possède de très bons arguments. La réalisation technique est très soignée, la plaisir de jeu ne souffre absolument pas de la nouvelle orientation arcade de la série et l’immersion demeure intacte. Rajoutons à ça quelques innovations comme le système de flash-back ou la gestion des sponsors, et il n’en faudra pas plus pour vous convaincre de vous laisser tenter par quelques tours de piste.

Au fil des années, la série des Toca est presque devenue un monument de la course automobile virtuelle. Mais c’est aussi et surtout une série qui a connu une réelle perte de vitesse avec ses derniers volets. C’est sans compter sur la bonne volonté des équipes de chez Codemasters, qui, fortes de leur expérience next-gen avec Colin McRae : DIRT, proposent une version revitalisée et survitaminée de la célèbre franchise par le biais de Race Driver : GRID. La nouvelle recette est osée : toujours plus de sensations et de plaisir, au détriment de l’aspect simulation qui avait fait le succès des premiers épisodes. Reste à voir si le titre ne va pas tomber dans la caricature du jeu de course arcade en voulant se rendre trop accessible.

Les circuits urbains sont un vrai régal en championnat.

Un concept qui tient la route

Dans Race Driver : GRID, la trame scénaristique habituelle laisse place à un déroulement nettement plus commun, mais tout de même creusé et réfléchi. Le mode de jeu principal, remplaçant un éventuel scénario, est baptisé "Monde de Grid". Dans ce dernier, le principe est relativement simple : vous êtes un pilote fauché comme les blés, qui doit franchir tous les échelons pour terminer au sommet du podium. Pour ce faire, vous débutez avec un petit garage et une voiture bonne pour la casse, qu’il faudra remettre sur roues. En attendant de rouler pour votre compte, vous allez courir pour d’autres écuries. Ces offres pilote vous aideront à vous faire la main, mais aussi à cumuler un peu d’argent pour constituer et faire évoluer votre propre écurie. Une fois votre premier véhicule financé, l’accès à des championnats est possible, en plus des offres pilote. Chaque championnat propose une discipline différente de course automobile, du touring car à la formule 3, en passant par le très populaire Drift, tout y est, ou presque. Chaque championnat octroie des points de réputation par région, respectivement les États-Unis, le Japon ou l’Europe. Ces points permettent d’accéder à des championnats plus difficiles, et qui rapportent beaucoup plus d’argent. Argent dont vous aurez bien entendu grand besoin pour acheter les véhicules.

La maîtrise du dérapage est souvent obligatoire pour s'imposer en tête.

Le gameplay corrigé à la clé de 12

Dès les premiers tours de piste, le changement par rapport à ses prédécesseurs saute aux yeux, les véhicules glissent facilement et la précision de conduite ne semble pas être un impératif pour gagner. La vitesse, dont le rendu est particulièrement grisant, et l’adrénaline des courses, contrebalancent rapidement le manque de réalisme. Les plus téméraires d’entre vous ne manqueront pas de désactiver les différentes aides au pilotage, histoire de pimenter un peu les courses. Attention cependant, l’intelligence artificielle est diablement efficace et agressive, et n’hésitera aucunement à vous poussez si vous vous imposez dans sa trajectoire. Toujours concernant l’intelligence artificielle, il est possible en mode "Monde de Grid" de recruter un pilote pour votre écurie et de le faire participer aux championnats en même temps que vous. De cette manière, l’écurie cumule plus de points lors du championnat, multipliant ainsi les chances de gagner, mais également les gains potentiels. Comme l’idée de se faire jeter hors de la piste par un adversaire ou de tout simplement faire une grossière erreur de pilotage n’enchante personne, les développeurs ont pensé à implémenter un système de flash-back aux courses. Avec ce système, il est possible à tout moment de rejouer les dernières secondes de la course, ce qui permet d’éviter les obstacles heurtés précédemment. Néanmoins, le nombre de flash-back par course étant limité, cette fonctionnalité est à utiliser avec parcimonie et de manière "stratégique".

Les bolides sont vraiments beaux, dommage qu'ils ne soient pas modifiables.

Désolé, le mécano est en vacances

Opter pour un côté arcade plus prononcé au niveau de la conduite n’obligeait pas systématiquement à retirer la possibilité de régler, au moins de façon partielle, les véhicules. Il aurait également été sympathique de creuser davantage et de proposer une personnalisation des voitures un peu plus complète. La personnalisation des véhicules n’est possible qu’en mode "Monde de Grid", et demeure plus que rudimentaire. Une couleur pour le bolide, un motif plaqué dessus, et c’est tout ! La seule autre modification possible consiste à afficher des stickers provenant de sponsors. Sur ce point précis, l’idée est plutôt originale. En effet, chaque sponsor attend de vous un résultat précis, comme par exemple finir en seconde position. Si vous placez son sticker sur un des emplacements disponibles (sur votre voiture) et que vous atteignez l’objectif à l’issue d’une course, le sponsor vous reverse une récompense. La voiture créée aux couleurs de votre écurie pourra aussi courir en mode multijoueur si vous le souhaitez, où il est possible de s’affronter jusqu’à douze joueurs, sur toutes les pistes, dans toutes les disciplines et avec toutes les voitures du titre. Outre le mode multijoueur en ligne et par liaison de plusieurs consoles, il est décevant de ne trouver aucun mode écran partagé, ce qui aurait pourtant permis de prolonger la durée de vie sans forcément disposer d’une connexion internet ou de plusieurs consoles.

La vue cockpit vous met véritablement au coeur de la course.

Il en a sous le capot

Techniquement, Race Driver : GRID est bluffant. La qualité visuelle et la richesse des effets rendent le jeu encore plus intense et tendent à le rendre immersif en dépit de son manque de réalisme et de son côté tout public très marqué. Le rendu de la vitesse est surprenant, surtout en vue cockpit, et la gestion des chocs, tant au niveau du moteur graphique que du moteur physique est une réussite totale. Un petit bémol néanmoins sur certains effets de lumière, qui lors du déplacement à grand vitesse peuvent fausser la perception de l’environnement et pousser à l’erreur de trajectoire. La gestion des dégâts est également du plus bel effet. Il devient presque jouissif d’envoyer une voiture contre un rail de sécurité pour voir la tôle se froisser. La richesse des bruitages est à souligner, non seulement concernant les bruits de moteurs, mais aussi et surtout l’environnement, le public, les bruits de frottements sur le bitume... Dommage cependant que musicalement l’ambiance soit trop classique et tombe clairement dans le stéréotype du jeu de course.
Les Plus
  • Les sensations de pilotage
  • Le système de flash-back
  • La gestion des sponsors
  • La réalisation technique irréprochable
Les Moins
  • Pas de mode écran partagé
  • Le manque de personnalisation des voitures
  • L’absence de réglages