Test | Obscure II reste dans le brouillard
21 oct. 2007

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Obscure II

Etre jeune dans un jeu vidéo n'est jamais de tout repos. Vu le nombre de scientifiques fous, d'extraterrestres belliqueux ou de virus hargneux qui rôdent sur les campus américains, nos futurs diplômés risquent bien vite de passer l'arme à gauche. Heureusement dans Obscure II, vous n'êtes pas seul pour lutter contre les bestioles étranges qui hantent les labos de chimie. Afin de profiter pleinement de l'aventure, n'hésitez pas à appeler votre binôme de cours pour expérimenter les joies du survival-horror. Mais finalement, était-ce vraiment une bonne idée ?

Kenny, Josh, Shannon et les autres

Tout commence quelques années après les évènements de Obscure premier du nom. Vos jeunes amis décérébrés ont triomphé de leur proviseur maléfique, savant fou à temps partiel et ont finalement quitté leur lycée maudit. Malgré divers traumatismes comme l'exposition à des spores mutantes, ces joyeux drilles sont désormais étudiants et s'adonnent aux joies des beuveries nocturnes. Problème mineur : une nouvelle drogue fait son apparition sur le campus provoquant nausées, hallucinations lovecraftiennes et mutations incontrôlables. Heureusement, vos nouveaux héros, rejoints plus tard par les anciens, s'aperçoivent que la consommation de sodas empêche ces effets secondaires désagréables et entendent bien sauver leur peau. Pas de doute, vous êtes toujours dans le domaine délirant du film pour ados horrifique et le scénario vient uniquement de débuter. Si vous aimez aimé The Faculty ou Buffy contre les vampires, vous ne serez pas déçu. Même si l'ambiance du jeu semble au premier abord extrêmement premier degré (avec des moments assez "osés"), les blagues vaseuses et la stupidité des films de soirées entre potes ne sont jamais loin. L'humour et la débilité profonde de la situation demeurent un argument incontestable du jeu. Les références coulent à foison et l'absurdité atteint des sommets comme la rencontre avec un grand humanoïde déformé rodant prêt de votre campus, tronçonneuse au clair.

Seul(s) dans le noir

Le taser est une arme efficace et qui évite de consommer des balles.

Plus jamais seul dans un survival-horror, tel est le crédo de la série Obscure. Dans cette seconde aventure, vous avez en effet encore le loisir d'utiliser la deuxième manette et de faire participer un ami. Une offre toujours alléchante et qui garantit de très bons moments en perspective et de gros fous-rires. Problème : rire face à un jeu d'ambiance, c'est un peu dommage et la peur n'est plus vraiment de la partie. La coopération incarne le coeur du jeu et pour cause, les ennemis sont nombreux, les munitions clairsemées et les objets de soins répartis de manière sadique. Le jeu propose donc un véritable défi. Un problème de taille réside dans le système de sauvegarde assez bancale. En effet, les immenses fleurs qui servent de points de sauvegarde ne peuvent être utilisées qu'une seule et unique fois. De plus, ces dernières se trouvent généralement à l'entrée d'une nouvelle pièce, vous obligeant à refaire des allers-retours ou des énigmes si jamais la partie s'arrêtait subitement. Autre gros soucis : le maniement de la caméra. Lorsqu'elle est libre, cette dernière se fixe automatiquement sur l'un des joueurs et oblige l'autre à ne pas sortir du champ sous peine de non-visibilité absolue. Au cours de l'aventure, certains étapes vous obligent à aller de l'avant avec l'un des deux personnages – notamment avec l'acrobate – et donc le deuxième joueur se voit contraint de devoir quitter la partie pour que la phase devienne jouable. Heureusement, le fait d'entrer ou de sortir du jeu se déroule comme sur borne d'arcade et ne contraint donc pas le rythme de la partie.

Le black meurt toujours en premier

La gestion des soins et des armes est primordiale.

L'idée géniale instaurée dans le premier épisode, la possibilité de faire mourir certains personnages sans que le cours de l'histoire en soit affecté, était sans conteste la grande innovation du jeu. Chaque personnage possède son petit avantage comme être un acrobate hors pair ou de crocheter les portes. Hélas, Obscure II sacrifie cette chouette trouvaille au profit d'une scénarisation bien plus poussée. Ainsi, les personnages se voient séparés au cours du jeu en binôme par des évènements plus ou moins tragiques (mort prématurée, mutation, etc.) et vous devez donc régulièrement les guider successivement par groupe de deux. Bien entendu, la mort de l'un des deux signifie la fin du voyage et vous ne pouvez choisir qu'en de rares occasions le tandem que vous allez contrôler. C'est d'autant plus dommage que les différentes capacités des personnages sont désormais liées à l'intrigue. La présence d'objets cachés ou de bonus n'a donc pas lieu d'être puisque vous ne pouvez pas utiliser les autres personnages pour parvenir à vos fins. Le seul moment où vos compétences de limiers sont mis à rude épreuve se situe dans la recherche de petites clés cachées permettant d'ouvrir des caisses bonus procurant des armes facultatives mais meurtrières.

L'instant pop-corn

Attention ! Les ennemis sont nombreux et frappent forts.

Dernier gros point noir : le boss de fin du jeu s'avère horriblement difficile à tuer lorsque vous jouez à deux. L'affrontement se résume à apprendre par coeur, après de nombreuses morts, l'enchaînement de ses actions et provoque facilement une crise de nerfs. Toutefois, en plus de son scénario et du plaisir de jouer à deux, Obscure II recèle quelques bonnes idées. Ainsi, l'utilisation des différentes compétences de vos personnages offrent de diaboliques mini-jeux comme le crochetage d'une porte qui peut se révéler extrêmement difficile, voire même le piratage des systèmes de sécurité. Ce dernier mini-jeu consiste à retrouver le nom d'une personnalité célèbre à l'aide d'un nombre limité de lettres et d'un système de déduction proche du Mastermind. La chose est d'autant plus agréable quand des ennemis sont prêt à vous tomber dessus. L'autre grand point fort d'Obscure II se situe au niveau de sa partition musicale. Cette dernière a reçu le prix de la meilleure bande son au Festival du Jeu Vidéo et ce titre est amplement mérité. En effet, Olivier Derivière, valeur montante dans le domaine et compositeur du futur Alone in the Dark, vous propose une ambiance musicale alternant morceaux de hard rock brutaux et chœurs d'enfants glaçant le sang. C'est sans conteste une des grandes réussites du jeu.
Les Plus
  • Jouer à deux à un survival-horror
  • Une bande sonore à pleurer
  • L'humour débile et l'ironie
Les Moins
  • Le système de sauvegarde
  • La disparition des bonnes idées du premier épisode
  • Les caméras contraignantes
Résultat

Obscure II est sans conteste une déception. La série d'Hydravision est passée du statut d'intrigante à banale. Toutes les bonnes choses proposées dans le premier épisode semblent avoir été mises à la poubelle au profit d'un jeu beaucoup plus carré et conventionnel. Hélas, même jouer à deux devient désagréable tant la difficulté semble importante, la faute à des points de sauvegarde déroutants et des caméras intransigeantes. De plus, l'impossibilité de choisir son personnage ou de le sacrifier rend le jeu beaucoup moins intéressant. Toutefois, l'âme du jeu reste agréable avec une superbe bande-son et un scénario distrayant digne des plus grands navets de votre jeunesse. A noter que vous avez même le droit à une surprise si vous parvenez à finir le jeu, prolongeant l'histoire au delà les crédits de fin pour quelques heures...

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