Si vous deviez adapter un film en huis clos se basant avant tout sur des dialogues croustillants et sur le jeu des acteurs, comment feriez-vous ? Impossible ? C’est pourtant la mission qu’ont accepté
Volatile Games et
Eidos avec
Reservoir Dogs, le jeu directement tiré du film de
Quentin Tarantino. Ont-ils réussi à ne pas se tirer une balle dans le pied ?
Déposez vos armes
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Une jauge d'adrenaline permet de ralentir le temps et d'atteindre plusieurs cibles. |
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Bien que cela soit peu probable, vous ne connaissez peut-être pas Mr. Pink, Mr. White, Mr Blonde et les autres truands aux pseudonymes colorés.
Reservoir Dogs est un de ces films dont il ne faut pas trop en dire. Un conseil, si vous ne l’avez pas encore vu, mieux vaut commencer par lui que par le jeu. L'adaptation de
Volatile Games ne suit pas à la lettre le déroulé du long-métrage mais en retrace les scènes marquantes reconstituées en 3d : préparation du casse, fuite de la bijouterie cambriolée, paranoïa d’avoir une taupe dans l’équipe, etc. Pour ne pas trop en dévoiler mais pour vous fair saisir l’esprit de l’œuvre, tout se base sur la méfiance des malfrats les uns envers les autres, sur la pression psychologique naturelle d’un arme pointée sur la cervelle. C’est précisément cette sensation que
Reservoir Dogs cherche à retranscrire et il faut reconnaître qu’il le fait plutôt bien. Contrairement à ce que laissent paraître les images du jeu, vous passez beaucoup moins de temps à appuyer sur la gâchette qu’à menacer vos ennemis. Le tir est classique, en vue à la troisième personne et zoom en appuyant sur le stick droit. Mais vous ne ferez pas long feu si vous ne vous protégez pas derrière un bouclier humain. Les civils comme les policiers peuvent être pris en otage, les premiers étant dociles. Il suffit de les désigner et de pointer dans la direction d’un mur pour les neutraliser. Les forces de l’ordre ne déposeront leurs armes que si vous maltraitez votre otage. Un coup sur la tête et les flics se rendent. Facile dites-vous ? Encore faut-il veiller à ce que votre victime ne clamse pas dans vos bras, auquel cas la maréchaussée n’hésitera pas à vous plomber. C’est pourquoi il faut changer régulièrement de détenu en veillant continuellement à son état de santé.
Courte échauffourée
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Seuls des ennemis en nombre vous font reculer. |
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La progression d’otage en otage apporte un élément de stratégie et de gestion qui fait de
Reservoir Dogs un jeu plus subtil qu’il n’y paraît. Le mécanisme fonctionne si bien que toute tentative de passage en force est difficile, voire impossible. Malheureusement c’est toujours la même chose. Il y a très peu de variation de difficulté d’un ennemi à l’autre, seul le nombre compte, et encore. Les environnements linéaires et graphiquement modestes n’apportent pas de renouveau. Le plaisir est présent lors des premières missions, mais laisse rapidement place à l’ennui. Des séquences en voiture brisent tout de même la monotonie avec un principe tiré de
Burnout : plus vous prenez de risques, plus vous gagnez en jauge d’accélération. Même les modes de jeu diffèrent, avec des courses-poursuites classiques bien sûr mais aussi des échappées où tout ralentissement laisse le policier dans le coffre s’échapper, des missions d’escorte ou encore des virées où la visibilité se détériore à mesure que vous perdez votre sang. Toutefois, même si les véhicules sont livrés avec autoradio en série permettant d’apprécier les tubes originaux du film, la direction assistée est en option. Le syndrome de la savonnette se fait sentir et grève le plaisir de conduite. Au final vous alternez une progression pas à pas contrôlée, où chaque otage est géré de façon à ne pas faire d’éclaboussures et des courses frénétiques où les passants renversés feraient mieux d’intenter un procès au constructeur automobile qu’au chauffard que vous êtes. L’aventure se finit en seulement deux soirées, force est de reconnaître que ce n’est pas plus mal ainsi : restent en mémoire un système efficace et une certaine fidélité à l’œuvre originale, la répétitivité et la qualité graphique de
Reservoir Dogs étant à oublier.